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Ségolène Royal à propos des élections présidentielles
algériennes de 2009 : «Elles se sont déroulées en toute
transparence et dans un climat démocratique.»
Quoi ? Déjà ?
Autant je disjoncte littéralement lorsque les caciques d’ici, les gardiens du
temple des valeurs islamo- baâthistes tentent de nous embarquer de force sur
leur galère préférée, celle de l’anti-occidentalisme primaire, et plus
précisément, celle de l’anti-France épidermique, autant lorsque je vois défiler
chez nous, en Algérie les envoyés très spéciaux du Parti socialiste français, je
ne peux m’empêcher de ressentir un profond dégoût. Un sentiment mi-amer
mi-écœuré à les voir revenir ici même faire les yeux doux après nous avoir fait
des yeux durs et remontrants une décennie durant. Ainsi, lorsque je vois Jack
Lang se pâmer de plaisir à peine contenu d’être reçu par Abdekka, me reviennent
à l’esprit, de manière quasi obsessionnelle les conseils avisés de nos amis
socialistes, nous recommandant entre 90 et 97 de faire bonne entente avec les
barbus, nous reprochant d’avoir interrompu un aussi beau processus électoral que
celui de 90/91 et nous condamnant à devoir en passer par une gouvernance FIS
comme seule voie pour notre salut démocratique. Les recettes socialistes de
l’époque, les médications mitterrandiennes, j’en ai encore le goût infect dans
la bouche et sur l’estomac. Bien sûr que je ne suis pas apothicaire à peser sur
ma petite balance qui d’entre la droite ou de la gauche française a soutenu ou
pas le combat des démocrates algériens pour la survie de la République. Mais en
même temps, je ne peux effacer d’un sourire de Lang, fut-il «fah’chouche» et
fort sympathique les dégâts énormes provoqués par la position du PS français sur
la question algérienne. Non pas qu’il s’agisse de positions intellectuelles
confortables ou de minauderies et bouderies post-conflit. Pas du tout ! C’est
juste que par la faute du PS français, pas seulement mais aussi par leur faute,
des ami(e)s à moi, et plus largement des Algériens sont tombés. Sont morts. Et
çà, Allah ghaleb, c’est un compte que je ne peux toujours pas solder. Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H.L.
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