Jeudi 08 Février 2007
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Régions : SKIKDA/PROGRAMMES DE DEVELOPPEMENT
Respect des délais : ce tombeur de responsables


Le respect rigoureux des délais de réalisation des projets dans le cadre des différents programmes étatiques est le mot d’ordre lancé à toutes les autorités locales. Quitte à faire cela au détriment de la qualité requise et la... santé des responsables. Skikda, déjà caractérisée par un recul économique énorme, s’est retrouvée “encombrée” par des projets touchant différents secteurs.
Le passif légué est déjà une exténuante tâche qu’accentue le déficit déploré en termes de ressources humaines, de compétences en la matière, d’entreprises de réalisation et parfois de financement nécessaire. Le “combat” que se livrent quotidiennement les responsables locaux indique, dans son titanesque objectif d’ordre présidentiel, la perspective de mieux faire. Et la peur de mal faire aussi, car préalable à des désagréments professionnels. A raison de deux réunions par jour, les instructions semblent faire fi de la vulnérabilité humaine au stress, aux maladies chroniques et cérébrales et autres répercussions d’ordre affectif et conjugal. “Deux réunions par jour, de près de deux heures chacune, sont notre programme qu’on vit au jour le jour, et ce, en plus des autres tâches de routine, revues à la hausse, comme les sorties sur le terrain, la signature du courrier, et le déplacement au ministère de la Participation, aux séminaires régionaux, nationaux et internationaux”, nous dira un responsable. Et c’est aussi la communication qui est victime de ce branle-bas de combat. En mettant de côté les responsables non communicatifs, les autres, habitués à considérer la presse à sa juste valeur, sont devenus injoignables et toujours indisponibles. La future supposée congratulation économique a inscrit déjà à son registre “médical” la “chute” de beaucoup de directeurs de l’exécutif, le DPAT et le directeur des affaires religieuses et des wakfs (toujours hospitalisés), le DLEP (le dernier en date rétabli), le directeur de la formation professionnelle et l’ex-directeur de l’éducation nationale (tous les deux atteints du même mal, remis après une convalescence de quelques semaines) et j’en passe sur les responsables à la mine hagarde et tirée par manque de sommeil. D’aucuns peuvent rétorquer que ce nombre ne représente que 15% du nombre total, soit 5 sur 30 directeurs de l’exécutif dont dispose la wilaya et ce, sans compter les autres institutions, à l’instar de l’OPGI, université, direction des œuvres universitaires et autres dispositifs de soutien et de création de micro-entreprises. N’empêche que le mal est là, même mathématiquement réduit. Les administrations auraient été prises au dépourvu, la charge des travaux confiés serait en deçà des attentes. Un triste constat établi au préalable au vu de la configuration actuelle : manque d’effectifs et faiblesse des compétences recherchées ; le palliatif en miettes que sont les CEP dont “regorgent” les services techniques, ne peut compenser la donne. Une donnée conjoncturelle est venue se greffer à cette “précipitation”, les élections locales d’avril, les candidats s’agitent comme ils peuvent, à travers le lancement d’actions visant l’amélioration du cadre de vie des citoyens et ce, pour baliser le terrain de leur avenir politique. Les organisations satellites font ce qu’elles peuvent aussi, en organisant des réceptions dont les démarches protocolaires engloutissent un temps précieux. Si jamais, dans un avenir proche, la fin du quinquennal, les projets sont livrés comme prévu en dépit des études d’adaptation lancées, ce sera à quel prix humain ?
Zaïd Zoheir

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