L’intergroupes parlementaire européen “Paix pour le peuple” sahraoui a dénoncé, rigoureusement, à partir de Bruxelles le plan d’autonomie marocain présenté, ces dernières semaines et rendu comme une proposition de paix pour la région. Les eurodéputés ont, non seulement rejeté le plan mais considéré qu’il constituait une “manœuvre dilatoire” dressée comme obstacle pour empêcher le libre exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination. Alors qu’au printemps prochain, le Conseil de sécurité de l’ONU doit encore une fois examiner le dossier sahraoui et au moment même où le nouveau secrétaire général de l’ONU a proposé un nouveau représentant dans la région pour réanimer la Minurso (Mission des Nations unies par le référendum au Sahara occidental), le Maroc veut torpiller toutes les résolutions onusiennes et le plan de paix y afférent en voulant, tout simplement, faire entériner sa décision de sortir de la légalité internationale. Projet, bien entendu, que l’intergroupes paneuropéen a refusé catégoriquement. Rappelons tout de même que cette coalition parlementaire présidée par la députée socialiste européenne Karin Scheele regroupe l’essentiel des groupes. Y sont représentés les droites et centre-droit, les socialistes, les libéraux, les verts, les chrétiens démocrates et les sociaux-démocrates. La fermeté des europarlementaires ne doit, cependant pas occulter les positions de plus en plus favorables aux thèses du Maroc, de l’Espagne et de la France. Concernant cette dernière, notons l’empressement avec lequel le président Chirac a salué l’initiative marocaine la qualifiant de “constructive”. Ce qui, néanmoins inquiète les observateurs et les experts, ici, est l’alignement de plus en plus manifeste et visible de l’Espagne de Zapatero sur Rabat. Après avoir “osé” s’abstenir de voter la dernière résolution de l’ONU réaffirmant sa compétence dans la règlement de la question — une première en l’occurrence — Madrid a franchi un nouveau pas dans cette direction en contractant un juteux marché de vente d’armes au Maroc. Ce qui a mis mal à l’aise, très mal à l’aise la base du PSOE, Parti socialiste au pouvoir qui dans sa grande majorité est favorable au peuple sahraoui. Cette décision de Zapatero risque, d’ailleurs, d’éclabousser et de faire chanceler le gouvernement parce que la droite de ce pays, à travers les nombreux médias qu’elle contrôle, est en train d’apporter des éclairages gênants sur les liens entre certains dirigeants socialistes espagnols. Liens, plus à classer dans les chapitres, “corruption”, de type mafieux que dans ceux de l’intérêt ou même de la raison d’Etat. Il n’empêche que la nouvelle politique espagnole envers le Sahara occidental est inquiétante à plus d’un titre. Elle risque d’allumer le brasier éteint depuis 1991. Depuis, précisément, les accords signés entre le Maroc et le Polisario. A. M.
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