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Devinette. Quel était le slogan de Khalifa TV ?
«Au bonheur des dames ! »
Là, je ne comprends plus rien ! Le régime refuse obstinément d’ouvrir le
champ audiovisuel au privé, bloque systématiquement toute création de télé
privée, et je découvre subrepticement (j’adore ce mot !) que Khalifa TV, la télé
de Moumen, était dirigée par le ministère de la Culture et de l’Information de
l’époque. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est une collaboratrice directe de la
ministre, une personne crédible puisque nommée par décret présidentiel. En voilà
un casse-tête ! Comment font-ils, là-haut, pour interdire les télévisions
privées tout en en gérant une en douce, en catimini (ce mot-là aussi, je
l’adore), «fi essattra» ? Par quel mécanisme vachement ingénieux, par le biais
de quel montage astucieux, grâce à quel subterfuge institutionnel tordu un
ministère, qui interdit les télévisions privées d’où qu’elles viennent, en garde
tout de même une sous le coude ? Je le répète, je ne comprends plus rien.
Khalifa TV, c’était bien le joujou de Moumen, yek ? Peut-on alors m’expliquer
comment une directrice centrale d’un ministère chargé de mordre toute personne
ayant velléité de créer une télé privée se retrouve patronne de Khalifa TV ?
Plus crûment, une directrice centrale de ministère peut-elle exercer en
parallèle, dans le même temps, comme sainte patronne à la télévision de Moumen
sans que personne le sache ? Ça me semble impossible. Et la dame en question va
même plus loin que mes simples suppositions puisqu’elle affirme, sans trembler
de la voix, que c’est la ministre elle-même qui lui a donné ordre de bosser à
Khalifa TV. Ben dis donc ! Là, nous ne sommes plus dans la carte de soins
gratuite ni dans le billet d’avion «benks» encore moins dans la «skata» des
ministres qui font la queue pour obtenir la serviette rafraîchissante que l’on
offre habituellement à bord des aéronefs. Non ! Là, nous sommes face à du lourd.
Une ministre de la com’ aurait grenouillé une télévision privée en y faisant
bosser l’une de ses directrices centrales. Brrrrrrrrr ! Y a comme une odeur fade
d’hémoglobine dans l’air. Cette odeur qui vient tout de suite après le bruit sec
et fuyant d’une balle qui s’échappe d’un silencieux. Pan ! Gare aux nuques ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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