Culture : TLEMCEN
Rachid Baba-Ahmed, onze ans déjà…


Le 15 février 1996, le pionnier de la musique raï était assassiné par la horde sauvage. Rachid, l’enfant de Tlemcen, était l’homme par qui le raï a pu se faire une grande audience au-delà de l’ouest algérien et à travers le monde entier.
C’est dans les studios d’El Kiffane, au début des années 1980, que Rachid Baba-Ahmed a commencé à lancer des jeunes talents qui sont devenus aujourd’hui des célébrités. Khaled, Anouar et bien d’autres ont fait leurs premiers pas dans les studios des frères Baba- Ahmed. Rachid, bien qu’issue d’une famille aisée, côtoyait tout le monde et se plaisait surtout à vivre dans les milieux modestes. Il n’avait qu’une seule passion, la musique. Il se révélera au public au début des années 1970 à côté des stars de la musique marocaine, les frères Megré. C’était le début d’une grande aventure, Rachid Baba-Ahmed, toujours en tenue safari, sillonnait le pays entier avec sa jeep yankee. Ce globe-trotteur était non seulement un artiste mais était aussi considéré comme “le Che” de cette nouvelle musique destinée à une nouvelle génération. Ceux qui ont côtoyé Rachid gardent de lui un souvenir impérissable. Il était plein d’humilité, généreux, plaisantin et surtout un bon père de famille. Au lendemain de sa disparition, beaucoup de jeunes talents se sont retrouvés seuls et durent abandonner leur passion pour cette musique. Aujourd’hui, seuls quelques intimes gardent en souvenir l’image de l’homme, de l’ami et de l’artiste, qui avait rendez-vous avec son destin le 15 février 1996 à Oran. A Tlemcen, sa ville natale, c’est déjà l’oubli et surtout l’ingratitude, Rachid a fait beaucoup pour Tlemcen, les Marocains et les Turcs peuvent témoigner sur la valeur artistique et surtout humaine de Rachid. Un soir, durant l’été 1988, avant les évènements d’Octobre, nous avons rencontré Rachid près des ruines de Mansourah. Lors de notre discussion, il nous a fait une confidence : il voulait composer une mélodie pour témoigner de sa tristesse face au drame palestinien. Repose en paix l’artiste !
M. Zenasni

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