Culture : EDITIONS SEDIA/AZOUZ BEGAG RENCONTRE DES ELEVES D’ALGER
"J'écris pour ne pas vieillir"


L’écrivain franco-algérien et non moins ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances au sein du gouvernement français, Azouz Begag, a rencontré lundi dernier à Alger pas moins de 250 élèves algériens. En visite de trois jours en Algérie, M. Begag a eu une discussion passionnante avec les enfants de deux écoles primaires et deux collèges algérois.
Le “débat” qui devait axer principalement sur le récit pour enfants Un train pour chez nous, éditions Sedia, a un petit peu viré de son orbite. Apparemment, même les enfants de chez nous sont politisés. “Que faites-vous pour alléger les conditions imposées aux Algériens demandeurs de visa ?” demande l’un ; “existe-t-il un projet de collaboration entre les universités algériennes et françaises ?” demande un autre. Mais le comble est atteint lorsqu’un môme de 10 ans avance, d’un pas nonchalant, fier de lui, prend le micro et questionne tout de go : “ Aimez-vous Ségolène Royale?” Alors là, une institutrice s’est vu dans l’obligation d’intervenir et sommer ainsi l’auteur à se limiter aux questions relatives à son livre. “Laissezles poser les questions qu’ils veulent, moi je ne fais que répondre et les satisfaire”, lui rétorque Azouz Begag. Il a néanmoins fait de son mieux pour leur répondre et satisfaire ainsi leur curiosité. Parler aux enfants, c’est son truc. Avec des manières somme toute proches de la théâtralité, Azouz Begag tente tant bien que mal d’expliquer aux enfants ses origines algériennes. Et comment son père, cet enfant de Sétif, est parti en 1949 en France pour travailler dans “lézuzine” (comprendre les usines) et ramasser de l’argent. “Du coup, tous les jeunes du village l’ont suivi croyant que la France est un arbre qui produit de l’argent. Ma mère, sur une colline, mais la main en écran et guette l’arrivée de mon papa. Elle a fait ce geste la première année, la deuxième année, la troisième année, mais mon papa ne vient toujours pas. Et ce n’est que quelques années plus tard qu’il revient à Sétif pour prendre avec lui maman”, raconte Azouz Begag. Celui-ci affirme qu’il va faire de “son mieux pour établir des ponts entre l’Algérie et la France”. “J’ai deux jambes, deux pays. Je veux servir de passerelle entre les deux.” L’auteur a tenté d’expliquer aux enfants que tout ministre qu’il est, il ne cesse d’écrire. “J’ai toujours un livre dans ma tête. J’écris toujours et je ne cesse de lire”, explique-t-il. “Je continuerai toujours à écrire des livres pour enfants. Si j’écris, c’est pour ne pas vieillir”, affirme Azouz Begag. Par ailleurs, certaines institutrices soulignent que les prix de vente des livres de Azouz Begag ne sont pas à la portée des élèves. “Des livres à 1 000 DA, je ne sais pas comment mes élèves peuvent se les procurer. Moi, qui suis une adulte et qui je travaille, j’en ai pas les moyens, que dire alors de ces mioches qui ont à peine de quoi s’offrir un bonbon”, s’indigne une maîtresse d’école.
Hakim C.

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