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CELLULE DE SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE AUX DEPUTES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Procès Khalifa. C’est bientôt la fin. Dommage ! »

On se marrait bien

Une délégation de parlementaires algériens conduite par Amar Saïdani est à Paris. Elle a assisté dans les murs de l’Assemblée française à la traditionnelle séance des questions orales aux membres du gouvernement. Je sais, ça a dû être insupportable pour certains de nos élus, intolérable de souffrance pour d’autres, une torture pour d’autres encore et incroyable pour l’ensemble de la délégation. Il est impératif, d’un point de vue humain, de prévoir une prise en charge psychologique pour cette délégation parlementaire dès son retour au pays. Il ne faut pas les laisser livrés à eux-mêmes après l’épreuve qu’ils ont eu à subir dans l’enceinte de l’Assemblée française. C’est trop dangereux ! C’est limite périlleux pour leur équilibre. Car, lorsqu’on est parlementaire algérien, on ne sort jamais indemne d’une telle épreuve, celle de députés de l’opposition et de la majorité bombardant sans ménagement des ministres de questions sans concession, sans préambule long de vingt kilomètres et dans lequel nos députés se croient obligés à chaque fois de rappeler leur «indéfectible soutien à la vision éclairée et à la démarche ferme et assurée du président de la République, leur soutien aux principes inamovibles de la révolution et aux constantes de la nation». Plus qu’un séisme, ce «choc des civilisations parlementaires » doit être amorti par des séances de réadaptation menées par des experts de la psyché algérienne. Dès leur arrivée à l’aéroport Houari-Boumediene, on peut ainsi commencer en douceur à faire oublier à nos députés ce qu’ils auront vécu dans l’Assemblée française. En les exemptant par exemple de toutes les formalités de police et de douane auxquelles sont soumis les Algériens basiques. Ensuite, en leur organisant rapidement une séance de questions au gouvernement à la mode «dialna» avec de bonnes grosses motions de soutien au programme gouvernemental et présidentiel «mahma kan el hal». On peut aussi agrémenter le tout d’une distribution de nouvelles et rutilantes limousines payables à terme ou au lance-pierres. Ainsi, les débats tranchants, impitoyables de rigueur et de polémique du palais Bourbon, ne seront plus qu’un mauvais souvenir, et tout rentrera dans l’ordre. Leur ordre. Celui de cette démocratie qui nous est si spécifique ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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