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«Procès Khalifa.
C’est bientôt la fin. Dommage ! »
On se marrait bien
Une délégation de parlementaires algériens conduite par Amar Saïdani
est à Paris. Elle a assisté dans les murs de l’Assemblée française à la
traditionnelle séance des questions orales aux membres du gouvernement.
Je sais, ça a dû être insupportable pour certains de nos élus,
intolérable de souffrance pour d’autres, une torture pour d’autres
encore et incroyable pour l’ensemble de la délégation. Il est impératif,
d’un point de vue humain, de prévoir une prise en charge psychologique
pour cette délégation parlementaire dès son retour au pays. Il ne faut
pas les laisser livrés à eux-mêmes après l’épreuve qu’ils ont eu à subir
dans l’enceinte de l’Assemblée française. C’est trop dangereux ! C’est
limite périlleux pour leur équilibre. Car, lorsqu’on est parlementaire
algérien, on ne sort jamais indemne d’une telle épreuve, celle de
députés de l’opposition et de la majorité bombardant sans ménagement des
ministres de questions sans concession, sans préambule long de vingt
kilomètres et dans lequel nos députés se croient obligés à chaque fois
de rappeler leur «indéfectible soutien à la vision éclairée et à la
démarche ferme et assurée du président de la République, leur soutien
aux principes inamovibles de la révolution et aux constantes de la
nation». Plus qu’un séisme, ce «choc des civilisations parlementaires »
doit être amorti par des séances de réadaptation menées par des experts
de la psyché algérienne. Dès leur arrivée à l’aéroport Houari-Boumediene,
on peut ainsi commencer en douceur à faire oublier à nos députés ce
qu’ils auront vécu dans l’Assemblée française. En les exemptant par
exemple de toutes les formalités de police et de douane auxquelles sont
soumis les Algériens basiques. Ensuite, en leur organisant rapidement
une séance de questions au gouvernement à la mode «dialna» avec de
bonnes grosses motions de soutien au programme gouvernemental et
présidentiel «mahma kan el hal». On peut aussi agrémenter le tout d’une
distribution de nouvelles et rutilantes limousines payables à terme ou
au lance-pierres. Ainsi, les débats tranchants, impitoyables de rigueur
et de polémique du palais Bourbon, ne seront plus qu’un mauvais
souvenir, et tout rentrera dans l’ordre. Leur ordre. Celui de cette
démocratie qui nous est si spécifique ! Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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