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LE CERCLE DES DEMISSIONS INTERDITES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Confondu dans une affaire de trafic, un entrepreneur
a été condamné par la justice à faire la route
Béjaïa-Tizi Ouzou de nuit.»

Cruel verdict !

Selon Maître Ali Meziane, principalement avocat de Khalifa Bank liquidation et accessoirement un ami, «les ministres défaillants auraient dû démissionner !» Je ne regrette pas de compter parmi mes amis un homme comme Maître Meziane. Je ne peux que m’en honorer lorsque je l’entends balancer «démissionnez ! » à la figure de responsables pris la main dans le sac de la secrétaire de Moumen à y piocher des billets gratuits et des cartes de soins thalasso ou encore surpris en plein aveu d’incompétence et d’inintelligence. Il existe encore des hommes dans ce pays qui croient dur comme fer que la démission est une voie de salut pour un ministre pris en faute. Moi, j’y crois dur comme un caramel mou. Pour la simple raison qu’avec le nombre de ministres algériens qui ont démissionné depuis 1962 pour faute professionnelle, il ne serait pas possible de monter un onze de football. A la réflexion, je me demande même s’il est possible de mettre sur pied un cinq de basket. Maître ! O Maître ! En boutant hors de ce pays l’occupant gaulois, en poussant à la mer et dans les airs la France, nous avons eu l’intelligence de garder le précieux butin de la langue (merci Kateb) et l’inintelligence de ne point en garder le haut sens de l’Etat chez les commis de la république. Démissionner parce que l’on a été publiquement convaincu de collusion crapuleuse ou d’incompétence avérée ? Vous n’y pensez pas ! Dans la vie du sérail, dans le cercle de la famille révolutionnaire et dans les sphères de pouvoir qui se veulent, en même temps et au défi de la loi sur la gravitation, lourdes et célestes, on ne doit jamais démissionner. Ça s’apprend presque au berceau. C’est tatoué sur la peau du nouvel initié introduit dans la loge, au sein de la secte. C’est placardé dans son bureau lorsqu’on lui fait l’insigne «honneur» de lui en confier un. Demandez, Maître, à ceux qui ont osé un jour braver cette directive sacrée, cette recommandation suprême. Ils vous raconteront la descente aux enfers, le calvaire et le long ermitage en marge de tout. Bien sûr, vous pourrez toujours me rétorquer «inaâl bouha» le cercle, le sérail et ses attraits avilissants devant la dignité du commis de l’Etat, de l’homme. Et c’est en cela que vous serez toujours un ami, Maître. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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