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«Chirac ne se représentera pas et se retire de la politique.
Mince ! Mais alors, qui va valider les élections de 2009 ?
Bush ?»
Même lui ne sera plus là !
En 1992, 1994, des démocrates, assommés par la déferlante terroriste, groggy
pas les massacres collectifs, reconnaissaient d’une voix éteinte par la peur et
la rage mêlées : «Nous n’avions pas vu venir la bête. Nous aurions dû pressentir
dès 1988 et l’apparition du gnome Benhadj le danger et les prémices de la peste
verte.» Comme il me semble nécessaire, salutaire et vital de ne pas laisser se
répéter les mêmes erreurs, comme il me sera personnellement insupportable
d’entendre demain, en 2008 ou 2009 d’autres amis démocrates avouer de manière
penaude qu’ils «n’avaient pas vu la bête… revenir », je signale à tout hasard ce
qui suit, ces faits tout à fait récents, cet «heure en heure» de la paix
retrouvée en Algérie :
Un bar-restaurant implanté à Aïn Témouchent a été incendié par une bande de
«fidèles» au sortir de la mosquée. Forts de leur nombre et de leurs sandales
ravageuses, ces courageux gardiens de la foi ont incendié l’établissement, ont
roué de coups le patron et le personnel et ont tenu la place une heure durant.
A Bir El Ater, un ancien moudjahid, retraité de l’ANP âgé de 70 ans et son fils
de 30 ans ont été assaillis dans leur fermette, égorgés par un groupe de
terroristes du GSPC et leurs têtes tranchées et posées sur leur corps mutilés,
comme sur un présentoir.
Tous les quarts d’heure, les équipes d’artificiers de la capitale sont appelées
à déminer, à désamorcer, à faire exploser des colis plus ou moins suspects, le
tout sous l’œil inquiet d’un hélicoptère qui survole quasiment en permanence
Alger.
Des régions entières du pays sont devenues, de fait, interdites à la circulation
pour bon nombre de professions, dont celle d’entrepreneur, admise d’office au
box office des enlèvements et des demandes de rançons.
Ce genre d’heure en heure, je pourrais en aligner treize à la douzaine toutes
les semaines. Ce n’est pas le but du jeu. Car il ne s’agit pas d’un jeu. Il
s’agit juste de dire à temps «gaffe !». Et non pas de porter sa main à sa
bouche, l’air effaré, dans six mois, un an, deux ans et de lancer en bas de la
passerelle d’un avion en partance pour l’exil «si nous avions su ! Nous n’avions
pas vu la bête revenir.» La bête est là. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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