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Badsi, l’homme qui se fait photographier à l’insu de son plein
gré.
Clic Clac !
J’en étais encore à digérer (si tant est que cela puisse se digérer) les
histoires de rapports qui disparaissent, les documents que l’on détruit, les
aveux d’inintelligence faits à l’ombre des rosiers blidéens, les défilés des
P-dg, des ministres et des familles de tout ce beau monde dans des jacuzzi
épuisés par le rythme infernal de rotation des augustes fessiers, les photos
compromettantes qui circuleraient dans quelques rédactions, les lettres absentes
de l’instruction et qui surgissent subitement en plein procès, les «assureuses»
qui se reconvertissent dans la culture, le mystérieux Libanais qui a un goût
reconnu et avéré en matière de costards et de grosses cylindrées, et autres
joyeusetés qui fleurent bon le camion de Net Com en fin de journée, lorsque je
découvre effaré que le procès Khalifa a des ramifications insoupçonnées dans
l’histoire mal écrite ou pas écrite du tout de la lutte de Libération. J’ai sous
les yeux la lettre du frangin de Khalifa Laroussi publiée par El Watan et dans
laquelle il accuse Bélaïd Abdesselam de désertion des rangs de l’ALN. Mazette !
Y a pas 36 mille positions à adopter face à de telles affirmations. Soit elles
sont promptement démenties par la personne incriminée. Soit elles ne sont pas
démenties. Et dans ce cas de figure, c’est à moi (au sens citoyen, bien sûr) de
demander des comptes. Algérien de père et de mère (ce qui n’est pas en soi un
gage de valeur particulière, mais juste une précision), fils de moudjahid (ce
qui est par contre gage de lignée honorable et à la traçabilité établie et
reconnue) je suis en droit de me poser la question suivante : s’il s’avère que
le sieur a effectivement déserté (et seulement si cela est avéré) comment se
fait-il alors, «nom didiou !» que cet homme-là ait été placé à la tête d’un
ministère aussi important sous le règne de Boumediene et ait été propulsé
Premier ministre sous un autre règne, celui du HCE de Kafi ? Dans la foulée, je
veux aussi savoir (toujours en prenant la précaution de poser comme primordiale
la présomption d’innocence) comment un déserteur de l’ALN, un homme qui aurait
fui le feu pouvait en tant que Premier ministre m’insulter moi et les autres
consœurs et confrères de la presse, nous traitant de plumes à la solde de «frança»,
de la main de l’étranger et des laïco-assimilationnistes ? Je veux savoir, bark
! Comme je trouverais au demeurant normal, s’il s’avérait que cette personne a
été diffamée, que ses diffamateurs soient punis par la loi. Mais humainement, je
ne peux pas rester dans le doute. Sans savoir qui est qui. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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