Culture : LE COIN DU CHAABI ET DU MELHOUN
Ghaddar kassek ya ndim(Edhahbia) du poète Andjar (1re partie)


Parmi les qacidate les plus prisées dans le châabi algérois, on retrouve ghadder kassek ya ndim dont les chanteurs attribuent à tort la paternité à Mohammed En Nedjjar beaucoup plus porté par le mdih et les textes religieux tels qu’ El Aârfaouia. Une autre erreur fait de Mohammed Ennedjar le poète ayant écrit “sir ya naker lahssane” qui appartient également à Andjar.

Malheureusement méconnu, ce poète aurait vécu sous le règne de Moulay Abderrahmane (fin du XIXe siècle -1850-1856) et serait contemporain de Djillali Mthired. Edhahbia est un poème bachique. Le thème du vin a été abordé par plus de trente- huit poètes parmi lesquels on cite El Hadj Driss Benali dit Driss El’hnech, Mohamed Benslimane, Ettouhami El Medeghri El Hadi Bennani, célèbre par Had aâlia oua’hch errsoul.On a pu recenser cinquante-neuf quacidate traitant des plaisirs du vin dans le registre du melhoun.

Edhahbia est un synonyme
poétique du soleil. Cette
poésie est chantée sous le
mode bit ou siah.
Harba(refrain)
Ghaddar kassek ya ndim
‘kabl etrouh eddhahbia chouf
eddhim ‘hin etmekken bedhlamou
oue ehzem aân dhay
enhar.

Beaucoup de nos chanteurs disent chouf el bhim, ce qui est un non-sens au vu du sens général de ce refrain. Remplis ton verre à ras le bord ô compagnon de boisson avant le coucher du soleil. Vois comme la nuit par l’obscurité, a triomphé sur la clarté du jour.

Aâroubiate(couplets)
Ya’kadh djefnek ya ndim
oua aghnam ferdjat laâchya
Be ôudjoud lamti ouel
‘koum elli lamou
Ma djabou lina ‘khbar
Nebehni nestab ferdjti be
aâti’k el ‘houmia
Bouchra kassi aâla errdha
leddha mdamououe ‘hna
ma bin lechdjar
Ou neghenmou ferdja
aâla errha dout el ‘hasnya
ouel ouerd oue ezzhar
ychyyer bekmamou Oue
etkellem ferg eltyar

Ouvre l’œil, compagnon de boisson (commensal) et jouis du plaisir de l’après-midi et de la présence de notre clique alors que nos détracteurs ne savent rien (du plaisir dont nous jouissons). Eveille-moi dans la jouissance de l’ivresse, mon verre livrant ses délices. Assis sous les arbres, nous profitons d’être ensemble pour nos désirs alors que les fleurs et les roses déploient leurs calices sous le concert des oiseaux

A sa’ki saât ezzhou tahyi
el ‘kouloub
Ouetaâledj men chka
mne eddher ebhali
A sa’ki saheb lehoua
aâ’klou mesloub
Metouellaâ berr’hi’k ouel
kass el mali
Chouf el khoudat ‘hin
tagou mnel ‘hdjoub
Hadhik ldhi tsoul fel
ouekr essali
Ma fatet b’hal lilet el
youm lyali

Ô sommelier (échanson) l’heure de la fête réveille les cœurs Elle guérit celui qui se plaint de douleur comme moi Ô sommelier l’amoureux a l’esprit envoûté par le nectar et le verre plein Regarde les belles dont le regard surgit de la fente de leur voile Elles rivalisent de beauté dans ce havre joyeux Il n’y a pas eu meilleure que cette soirée

Lellah ouine taoudjed
hadh el ferdja el youm
‘Hadhra m’hadhra berbab
ou iîdan
Djalsine erryam ou
choubban
Bin eltchine maâ erroumane
bin laghsane
Hadha el dhak sakrane
Oue erryamna yer’ksou
men ghir ekhfya
Hadjou ou haydjou ‘kelbi
sab emramou
Oue erchekna kas el
aâ’kar

Par Dieu peut-on avoir
meilleure jouissance qu’aujourd’hui
Une fête raffinée avec le
rbab(instrument à cordes en
forme de demi-poire) et les luths
Jeunes hommes accompagnés
de leurs gazelles
Parmi les branches
d’orangers et de grenadiers
L’un plus éméché que l’autre
Et nos gazelles dansant
sans retenue
Excitées et excitant mon
cœur qui retrouve ses désirs
Dans la dégustation du nectar

Dr Rachid MESSAOUDI
messaoudirachid@hotmail.com

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