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Quelle est la série télé préférée du ministre de
l’Energie, Chakib Khelil ? «Inspecteur Derrick.»
Trop facile !
Loin du tribunal de Blida, un peu moins loin du tribunal d’Oran, il y a le
tribunal de Aïn Témouchent. Et ce qui s’y passe ne me semble pas moins important
que ce qui se passe à Blida et à Oran. Un test, encore un pour une justice que
l’on nous dit soudainement redevenue autonome et libre des griffes du pouvoir.
Je veux bien. Même si je suis viscéralement circonspect devant les mutations
instantanées d’un corps jusque-là très attaché, chevillé à sa tutelle et à la
tutelle de sa tutelle. Mais bon, ne préjugeons de rien et admettons que tout a
changé en quelques heures et que la justice est libre. A Aïn Témouchent, des
hommes ont été présentés devant les juges pour répondre d’actes criminels. Au
sortir d’une mosquée, ces «hommes» ont attaqué un bar-restaurant, le «Tam Tam»,
ont roué de coups son propriétaire et des employés, puis ont saccagé et mis le
feu à l’établissement. En clair, des individus non mandatés par la force
publique, agissant de leur propre chef ont transformé une portion d’Algérie en
lieu de castagne et d’atteinte aux biens. Le test va consister à vérifier si
l’alibi «religieux » invoqué par les casseurs-tabasseurs va les dédouaner de
leur acte criminel. Vers ce tribunal de Aïn Témouchent, vers cette salle
d’audience un peu moins éclairée par les sunlights que celles de Blida et
d’Oran, mes deux pavillons d’oreilles sont dirigés et pointés à mort. Plein axe
! Ouverture maximale de l’ouïe. Car c’est de là, me semble t-il, que viendra le
signal. Soit on ferme la porte aux Zorro à barbe qui veulent faire leur police,
en attendant de faire leur Dawla. Soit on ferme… les yeux, on fait montre de
clémence et de rahma. A partir de là, faudra pas s’étonner ensuite que des Hassi
Messaoud bis éclatent un peu partout, que des «b’zouza» aux yeux soulignés au
khôl régentent nos vies. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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