Culture : SEMAINE CULTURELLE DE MOSTAGANEM A ALGER
Mise en valeur d'une cité aux mille facettes


Mostaganem, une ville à la citadinité avérée même si l’art lyrique bédouin y est pleinement ancré, sera, l’espace d’une semaine, l’invitée de la capitale et ce, pour faire connaître son histoire, ses multiples facettes culturelles et ses hommes.
L’inauguration de cet évènement, qui a eu lieu lundi dernier au théâtre de verdure à Alger, en présence de la ministre de la Culture, a permis à l’assistance de se familiariser avec une ville aux origines lointaines puisqu’elles remontent à l’Antiquité, comme tient à le souligner Abdelkader Bourahla, chargé de l’exposition sur le passé et l’histoire de Mostaganem. Dans la salle réservée à l’exposition, il y avait également des tableaux de peinture réalisés par Oulhaci et Zerhouni ainsi que le jeune Hazati, tout comme ceux des enseignants de l’Ecole des beaux-arts. Mostaganem à travers des photos se veut, selon son réalisateur Mostefa Abderahman, un voyage virtuel valorisant la situation géographique d’une ville qui allie mer et terre d’où la pluralité culturelle. Une large palette a été réservée à l’émir Abdelkader et cheikh El Alaoui et ses éminents disciples. Les affres de la colonisation n’ont pas été en reste dans cette galerie et le visiteur peut prendre connaissance des atrocités vécues par les habitants de Mostaganem et ses régions environnantes telle l’enfumade du Dahra perpétrée en 1845 par le général Pélissier dont furent victimes, en plus des hommes, des femmes et des enfants qui s’étaient réfugiés dans les grottes Nekmaria. L’autre aspect culturel à mettre en exergue par les organisateurs est le côté musical. La ville de Mostaganem, connue pour son enclin lyrique, est venue en force pour présenter ses meilleures troupes dans les genres chaâbi, andalou et bédouin. Et durant cinq jours, de lundi à vendredi, chanteurs et musiciens se succéderont tour à tour sur les planches de la salle El Mouggar, de l’Ecole nationale des arts dramatiques et celles du centre culturel de Chéraga pour présenter leurs meilleurs produits. Pour Noureddine Benatia, directeur de la culture de la wilaya de Mostaganem et non moins grand chanteur chaâbi, “le programme a été concocté de façon à faire apprécier aux mélomanes tous les genres musicaux usités à Mostaganem et mettre en avant la richesse poétique et musicale d’une région du pays qui s’enorgueillit de ses valeurs artistiques”. Dans la soirée de lundi dernier à la salle El Mouggar, le public a eu droit à une variété de styles. Du moderne au chaâbi en passant par le bédouin, le souffle a été retenu pendant les trois heures de spectacle tant les artistes ont fasciné. Mohamed Tahar et son introduction musicale, l’ensemble Belalia, le poète Arabi, le chanteur Chiguer et disciple de Djillali Aïn Tedelès et enfin l’imitateur de Maâzouz Bouadjadj, Zeguiche Sid Ahmed ont été à la hauteur de leur prestation. Pour ce jeudi, Abdelkader Khaldi, Touati Bahafid et l’humouriste Harrag Bensmaïn sont attendus à la salle El Mouggar alors que le centre culturel de Chéraga accueillera la formation musicale Nadi Hilal Thaqafi, les chanteurs chaâbi Ghlamalah Abdelkader et Houari Bouferma ainsi que l’auteur interprète bédoui Kaddour Ould Guefre. Mostaganem ou Mesk El Ghanaïm est et restera une ville d’art qui a su s’imposer sur la scène artistique algérienne.
M. Belarbi

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