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«Au cas où ça intéresserait quelqu’un, je rappelle
qu’Alger est toujours capitale de la culture arabe.»
Allô ! Ça intéresse quelqu’un ?
Là, maintenant, ça commence à faire beaucoup. Son absence devient
énigmatique. On nous disait que le plus dur était passé. Que l’homme s’en était
finalement sorti sans trop de casse. Qu’il avait retrouvé le moral. Lui-même
avait promis d’aller à la rencontre des Algériens. De s’adresser à eux comme lui
seul sait si bien le faire. D’ailleurs, certains avaient avancé des dates, des
occasions précises au cours desquelles nous aurions eu la chance de le revoir
après une aussi longue absence. Depuis, rien ! C’est le black-out total.
Pourtant, et quoi qu’on en dise, les Algériens, toutes catégories confondues,
s’inquiètent pour lui. On peut être d’accord ou non avec ce qu’il fait, il ne
laisse pas indifférent. Il a même réussi par le passé à enflammer les foules, à
électriser des salles archicombles. Ses apparitions publiques étaient attendues,
courues. Il faut dire aussi qu’il savait y faire, surprenant ses compatriotes en
apparaissant sans prévenir en compagnie de figures internationales à l’aura
incontestée. Et c’est justement parce qu’il a toujours eu le sens du spectacle,
de la mise en scène, que les Algériens ne comprennent pas, ne s’expliquent pas
cette longue éclipse. Ce n’est pas dans la nature de l’homme de rester trop
longtemps éloigné des projecteurs, des paillettes et des grands rendez-vous. Il
a le show dans le sang. Il ne peut vivre sans les hourras de la foule. Il ne
peut se passer des "vivats", des applaudissements, des youyous, des femmes qui
se pâment à chacune de ses tirades ou des hommes qui reprennent en chœur ses
paroles, lui reconnaissant une capacité inouïe à galvaniser les foules. Cette
bête de scène ne peut pas disparaître ainsi, aussi longtemps. Il se passe
quelque chose. On nous cache quelque chose. Quelles que soient les raisons de ce
mystère fait autour de cette absence, il est urgent de nous dire aujourd’hui ce
que devient cheb Mami et quand il compte rechanter en Algérie. Je fume du thé et
je reste éveillé, ya dellali, le cauchemar continue.
H. L.
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