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«Le GSPC mène des attaques frontales
simultanées dans 3
wilayas du pays. Encore un signe de faiblesse des terroristes. »
N’est-ce pas ?
Deux anecdotes, deux histoires qui n’ont en apparence aucun lien. En
apparence, seulement. Première histoire. Nacereddine, un parent natif du
quartier de Belcourt dans la capitale, me racontait l’autre jour ce qui
suit : des femmes issues de familles dont l’histoire est étroitement
liée à ce quartier d’Alger, de familles dont plusieurs membres sont
tombés au champ d’honneur pour que ce pays recouvre le sien, de familles
à l’honorabilité et à la respectabilité inscrites sur chaque mur, sur
chaque pavé de cette «houma» se retrouvent aujourd’hui dans une telle
situation de dénuement qu’elles en sont réduites à se lever tôt le
matin, aux aurores, à guetter qu’aucun voisin ne les voit, avant de
fouiller les poubelles pour y dénicher pitance pour leurs enfants. Ces
femmes-là préféreraient mourir plutôt que de mendier ou de rendre
«public» leur état de pauvreté et de précarité. Seconde histoire.
Celle-là plus publique, beaucoup plus publique. La croisade de Ahmed
Bencherif contre les faux moudjahidine. Pas un jour ne passe sans qu’on
ne lise dans un journal les comptes rendus de conférences de presse, de
déclarations du vieux colonel ou du ministre des Moudjahidine autour des
faussaires de l’histoire et des trafiquants supposés ou avérés du combat
révolutionnaire. Deux histoires. Deux trajectoires qui se télescopent
fatalement à un carrefour, celui de l’incrédulité des dames de Belcourt
qui ne doivent pas comprendre que 44 ans après l’indépendance, elles en
soient réduites à fouiller les poubelles pendant que les «historiques »
repus se crêpent le chignon en comparant rageusement les tampons de
leurs cartes respectives d’anciens combattants. «Non ! La tienne est une
fausse !» «C’est la tienne qui est fausse ! La mienne est authentique.
C’est le commandant Si Flen qui en atteste !» «Si la tienne, c’est le
commandant Si Flen qui l’a signée, la mienne, c’est le colonel Si Felten
qui l’a paraphée » et autres bondieuseries à se taper la tête contre les
murs de l’Akiba. Non contents d’avoir réduit à famine des familles
entières, d’avoir poussé au couffin de la solidarité des citoyens du 4e
pays producteur de gaz dans le monde, d’avoir poussé au «fouille
poubelle» des mères, des épouses, nos glorieux libérateurs déchiquettent
de leurs vieilles dents le peu d’histoire non écrite qui nous reste.
Désolé, messieurs, moi, fils de l’indépendance, je ne vous respecte pas.
Et je fume du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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