Samedi 03 Mars 2007
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
LE REGARD DE MOHAMED BENCHICOU
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Culture
Monde
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

JE NE VOUS RESPECTE PAS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Le GSPC mène des attaques frontales simultanées dans 3
wilayas du pays. Encore un signe de faiblesse des terroristes. »

N’est-ce pas ?

Deux anecdotes, deux histoires qui n’ont en apparence aucun lien. En apparence, seulement. Première histoire. Nacereddine, un parent natif du quartier de Belcourt dans la capitale, me racontait l’autre jour ce qui suit : des femmes issues de familles dont l’histoire est étroitement liée à ce quartier d’Alger, de familles dont plusieurs membres sont tombés au champ d’honneur pour que ce pays recouvre le sien, de familles à l’honorabilité et à la respectabilité inscrites sur chaque mur, sur chaque pavé de cette «houma» se retrouvent aujourd’hui dans une telle situation de dénuement qu’elles en sont réduites à se lever tôt le matin, aux aurores, à guetter qu’aucun voisin ne les voit, avant de fouiller les poubelles pour y dénicher pitance pour leurs enfants. Ces femmes-là préféreraient mourir plutôt que de mendier ou de rendre «public» leur état de pauvreté et de précarité. Seconde histoire. Celle-là plus publique, beaucoup plus publique. La croisade de Ahmed Bencherif contre les faux moudjahidine. Pas un jour ne passe sans qu’on ne lise dans un journal les comptes rendus de conférences de presse, de déclarations du vieux colonel ou du ministre des Moudjahidine autour des faussaires de l’histoire et des trafiquants supposés ou avérés du combat révolutionnaire. Deux histoires. Deux trajectoires qui se télescopent fatalement à un carrefour, celui de l’incrédulité des dames de Belcourt qui ne doivent pas comprendre que 44 ans après l’indépendance, elles en soient réduites à fouiller les poubelles pendant que les «historiques » repus se crêpent le chignon en comparant rageusement les tampons de leurs cartes respectives d’anciens combattants. «Non ! La tienne est une fausse !» «C’est la tienne qui est fausse ! La mienne est authentique. C’est le commandant Si Flen qui en atteste !» «Si la tienne, c’est le commandant Si Flen qui l’a signée, la mienne, c’est le colonel Si Felten qui l’a paraphée » et autres bondieuseries à se taper la tête contre les murs de l’Akiba. Non contents d’avoir réduit à famine des familles entières, d’avoir poussé au couffin de la solidarité des citoyens du 4e pays producteur de gaz dans le monde, d’avoir poussé au «fouille poubelle» des mères, des épouses, nos glorieux libérateurs déchiquettent de leurs vieilles dents le peu d’histoire non écrite qui nous reste. Désolé, messieurs, moi, fils de l’indépendance, je ne vous respecte pas. Et je fume du thé pour rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 2817

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site