Lundi 05 Mars 2007
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Actualités : DEBUT DES PLAIDOIRIES EN CRIMINELLE
La maffia politico-financière et l'omerta pointées du doigt


La maffia politico-financière avec ce qu’elle impose comme loi a été pointée du doigt hier par la défense. Me Chaâbane a mis en cause l’omerta qui exige le silence de tous. Il déplore que des prévenus préfèrent la prison à la dénonciation de «personnes puissantes» et s’étonne que cette loi se soit même imposée à un ministre qui préfère se traiter de tous les noms plutôt que de donner les explications qui s’imposent au sujet du silence des pouvoirs publics face à l’ascension de Abdelmoumen Khalifa. «Même ce dernier a lancé un message clair à travers Al Jazira. Il a rassuré ses soutiens qu’il se pliait lui aussi à l’omerta.» Et d’ajouter que si l’Etat algérien voulait réellement l’extradition de Khalifa, il faudrait une qualification légale conforme aux faits.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’avocat qui a ouvert hier le bal des plaidoiries en criminelle a fait le pari de «tout dire» et de ne s’imposer «aucune ligne rouge». En rappelant que c’est feu Boudiaf qui avait évoqué pour la première fois la maffia politico-financière, Me Chaâbane a également parlé des 12 ou 13 barons qui contrôlent actuellement l’économie et qui ne sont pas dans le box des accusés. Pour lui, c’est le principe même de l’équité pourtant reconnu par la Constitution qui a été violé. Il en veut pour preuve le fait que des personnes impliquées dans cette affaire n’aient jamais été inquiétées. «Ça serait une victoire de l’équité sur l’injustice que de rendre justice à tous ceux qui sont accusés d’avoir pris si peu alors que ceux qui ont beaucoup pris sont en liberté.» Et Maître Chaâbane de lancer une phrase qui a fait beaucoup rire : «Ramenez Adel Imam, Mami, Depardieu. Ils ont bien été payés à partir de Khalifa Bank !» «Et l’agence de Koléa ?» Plus sérieusement, l’avocat explique que Abdelmoumen Khalifa «avait ses entrées et s’affichait avec les plus hauts cadres de l’Etat. Ce sont ces derniers qui disent ils ont encouragé l’investissement mais en droit, l’encouragement peut être assimilé à de la complicité». Au nom du principe d’égalité, l’avocat a également évoqué l’agence de Koléa. «Aux dires de l’expert Foufa, il n’y aurait pas de EES irréguliers à Blida et Koléa. Pourquoi alors mon client est au box alors que le chef d’agence de Koléa n’a pas été inquiété ?» Des interrogations, beaucoup d’interrogations soulevées par la robe noire qui ne comprend pas que «l’exécutif se lave les mains de cette affaire, que le Parlement ne se sente pas concerné. Alors c’est l’affaire de qui ? Celle de deux femmes ? Eh Bien nous en faisons notre affaire.» Une affaire qui met en cause ses deux clients, Kechad Belaïd, le directeur de l’agence de Blida, et Nekkache Hammou, le comptable travaillant au sein de la même agence, contre lesquels le procureur général a requis 20 ans de prison.
«L’encouragement est assimilable à de la complicité»
Maître Chaâbane, qui s’est fait un devoir de démontrer que les nombreux chefs d’accusation sont infondés, a d’abord tenu à revenir sur les circonstances de l’inculpation des deux prévenus. Il reproche à la Cour suprême de n’avoir pas respecté les délais impartis au dépôt du mémoire pour le pourvoi en cassation. «Si la Cour suprême ne respecte pas le droit de la défense, quel recours nous reste-t-il ?» Il suspecte la Cour suprême d’avoir fait dans la précipitation pour non seulement se débarrasser d’une affaire trop embarrassante, mais pour éviter que d’autres noms ne transparaissent. Ce n’est pas l’unique grief de l’avocat qui reproche également à l’arrêt de renvoi d’avoir fait un traitement «en gros» des prévenus. Une à une, l’avocat s’est attaqué aux différentes accusations, affirmant que ni la constitution d’association de malfaiteurs, ni le vol qualifié, ni encore moins l’escroquerie et la falsification de documents ne sont prouvés. «Ce n’est pas du droit que de dire que l’association de malfaiteurs s’est élargie avec l’arrivée de mon client. Je dirais également que le démarchage auprès des entreprises n’est pas illégal, le vol qualifié n’est pas fondé. Selon la loi sur le crédit, l’argent des déposants appartient à la banque sous réserve de le restituer conformément à un contrat civil.» Pour toutes ces raisons, l’avocat a demandé la relaxe des deux prévenus. N. I.

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