Lundi 05 Mars 2007
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Actualités : PLAIDOIRIE DE Me MOKRANE AIT LARBI
"Des groupes d'intérêts ont utilisé Khalifa pour rester au pouvoir"


Le diagnostic de Me Mokrane Aït Larbi est sans appel : l’affaire Khalifa est le fruit d’un conflit d’intérêts au sommet de l’Etat. «Des groupes d’intérêts ont utilisé Moumen Khalifa sur la base d’un deal qui stipulait qu’ils lui assuraient une couverture politique avec comme condition de ne jamais s’ingérer dans le champ politique, chose que Khalifa n’a pas respecté.
Il a dépassé les lignes rouges en voulant soutenir un candidat contre un autre. C’est ce qui a conduit à l’éclatement de l’affaire», a révélé l’avocat qui a été applaudi au terme de sa longue plaidoirie. Me Mokrane Aït Larbi soupçonne ces groupes d’intérêts d’avoir voulu mener l’Algérie vers un «autre 5 Octobre» en organisant la faillite des entreprises publiques. «Comment expliquer que des ministres aient donné des instructions pour que les délégations algériennes voyagent exclusivement sur les lignes de Khalifa Airways ? Comment expliquer qu’ils aient visé l’argent des OPGI ?» s’est-il interrogé avant de répondre que leurs desseins étaient clairs : pousser les Algériens dans la rue. L’avocat a soulevé beaucoup d’autres questions, se demandant qui a aidé Khalifa à s’accaparer tout cet argent. Qui l’a aidé à prendre la fuite et qui est aujourd’hui contre son extradition ?
«Des ministres se sont vendus à très bas prix»
Des interrogations qui trouvent une seule réponse : des hauts cadres. Des ministres qui «se sont vendus à très bas prix et qui suppliaient la secrétaire de Moumen pour avoir une entrevue avec ce dernier, qui pour un emploi, qui pour une carte de gratuité de transport». L’amer constat de l’avocat ne s’arrête pas là. Il a évoqué longuement l’indépendance de la justice s’étonnant que Belaïz ait déclaré que le procès Khalifa allait s’ouvrir dès le début 2007. «Cela prouve que le ministre de la Justice connaissait d’avance les conclusions de la Cour suprême.» Et de dire à ce dernier que «la justice qui va statuer sur le cas Moumen se trouve à Londres et non à Ben Aknoun». L’avocat, qui estime que la justice est loin d’avoir acquis son indépendance, a rappelé les propos contradictoires du chef de l’Etat qui avait déclaré que la justice était indépendante avant de dire : «Je viens de donner des instructions.» Ce qui fera dire à l’avocat que «nous sommes encore loin de ce qui se fait sur l’autre rive» et de conclure à ce sujet qu’«on ne peut pas réformer un secteur lorsque c’est tout le système qui est pourri». Me Mokrane Aït Larbi ne trouve aucun motif de satisfaction dans les déclarations du PG qui a promis d’autres procès. «Oui il y en aura un pour chaque élection mais les accusés seront toujours triés au niveau du sous-sol sans toucher au sommet.»
«La responsabilité des gouvernements successifs est engagée»

Pour l’avocat, il n’existe aucun doute sur la responsabilité avérée des différents gouvernements. «Le dossier prouve que les différents rapports sont arrivés au plus haut niveau, jusqu’au cabinet d’un chef du gouvernement.» Et de s’étonner du traitement sélectif fait aux différentes personnes impliquées. «C’est étonnant de constater que lorsqu’un ministre bénéficie d’un avantage, on parle de cadeau et que lorsque ça arrive à quelqu’un de l’Algérie d’en bas, on parle de corruption.» Me Mokrane Aït Larbi, qui défend Hocine Soualmi, l’ex-directeur de l’agence des Abattoirs, pièces à l’appui, a tenté de convaincre le tribunal que le dossier était vide et que les accusations n’étaient pas fondées. Le procureur général avait requis 20 ans contre son mandant accusé entre autres d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de falsification. «Le procureur général n’a apporté aucune preuve. Il s’est contenté de se référer au séisme, aux inondations et aux criquets. Il parle des milliards pour impressionner les jurés mais existe-t-il une preuve que l’une des personnes assises au box ait bénéficié d’un dinar ?»
«Des ministres ont pris le thé au siège d’une association de malfaiteurs VIP»
Au procureur général, il dira qu’il sera très difficile de convaincre la justice britannique que Khalifa était à la tête d’une association de malfaiteurs agréée par l’Etat. «Depuis quand un membre d’une association de malfaiteurs est assuré, dispose d’un contrat de travail et reçoit à l’heure du thé des ministres de la République ?» L’avocat déplore que le juge d’instruction n’ait pas fait cas du rapport de l’expert qui avait innocenté son client au sujet des EES, ce qui fera dire à l’avocat : «C’est tout de même bizarre que le PG ait évoqué l’agence de Koléa. Pourquoi cette agence et pas celle de Azazga ? D’ailleurs, l’expertise est arrivée à la même conclusion à l’agence des Abattoirs qu’à celle de Koléa mais force est de constater que son responsable n’est pas là.»
N. I.

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