Lundi 05 Mars 2007
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Actualités : MARCHE DE BACHDJARAH
Les bijoutiers menacés par l'informel


Le marché de Bachdjarrah, situé au cœur d’une cité-dortoir dans la proche banlieue est d’Alger est devenu depuis quelques années un lieu où tout se vend et s’achète de manière tout à fait illégale s’entend. Outre les vêtements made in China, fruits et légumes et autres articles de ménage écoulés illicitement sur les trottoirs voire sur ce qui s’apparente à des espaces verts, des vendeurs d’or à l’origine douteuse ont proliféré, depuis voilà cinq ans au vu et au su de tout le monde.
Devant la passivité des autorités locales, très perceptible dans tous les coins de cette cité, le commerce de ce métal précieux a connu un essor considérable. L’éradication du marché de l’or de Oued Kniss a poussé certains vendeurs à s’installer dans celui de Bachdjarrah. Il faut dire que ce marché ne désemplit pas. Une clientèle, composée en majorité de la gent féminine, surtout des jeunes filles sur le point de se marier, attirées par les prix bas. «Un gramme d’or est cédé à 1300 DA s’il est d’origine locale et à 1450 DA si la marchandise provient de l’étranger, d’Italie notamment», nous dira un jeune vendeur rencontré sur place croyant que nous sommes venus lui proposer de l’or cassé. Les prix de l’or au niveau du marché de Bachdjarrah sont en effet bien en deçà de ceux pratiqués dans les bijouteries. Une différence de prix que nous confirmons sans difficulté auprès d’un bijoutier qui nous indiquera qu’un gramme d’or poinçonné est cédé à 1800 DA. Comme ce jeune vendeur, ils sont près d’une centaine à proposer leur marchandise l’un à côté de l’autre dans des semblants de comptoirs ou vitrines faits de bois et de verre. D’autres, par contre, «offrent» leurs articles à l’air libre suspendus à des tiges en bois. Et a priori, les affaires semblent bien fonctionner. La présence des agents de la brigade mobile de la police judiciaire sur les lieux ne semble pas inquiéter ces squatteurs outre mesure. «Nous sommes ici pour assurer la sécurité dans le marché», s’est contenté de nous répondre l’un d’entre eux. Cet état de fait pour le moins paradoxal a poussé les bijoutiers du coin à alerter les autorités locales en vue de mettre fin à cette anarchie. Plusieurs lettres de protestation ont été envoyées notamment au wali d’Alger, au chef de la daïra de Bachdjarrah ainsi qu’au chef de Sûreté de daïra. «Nous avons alerté les autorités en décembre 2006, mais nos requêtes sont restées vaines», affirment des représentants des bijoutiers de ce quartier d’Alger venus se plaindre à notre rédaction. Ces derniers ont en effet, depuis l’apparition des vendeurs illicites en 2002 vu leur chiffre d’affaires considérablement baissé et «nous ne faisons plus de réparations», soutiennent- ils. Ajoutez à cela «les charges, les taxes et autres impôts que nous sommes sommés de payer au fisc», déplorent les bijoutiers qui risquent de perdre leur seul gagne-pain si la situation reste telle quelle.
Lotfi Mérad

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