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«Moumen Khalifa vient de faire une courte déclaration en
arabe à Al Jazira. Nous vous la livrerons, une fois traduite…
… en arabe !
Les journalistes lisent le matin une information parue dans deux ou trois
journaux. Un peu avant midi, les mêmes journalistes assiègent… le siège du Sénat
et montent à l’abordage du chef du gouvernement et de son ministre de
l’Intérieur. Le premier, d’un ton assuré, aussi assuré que le jour où il
annonçait le jumelage entre les communales et les législatives, confirmait
«l’arrestation de Moumen Khalifa». Connaissant la fiabilité des informations
données par Belkhadem et leur crédibilité, les consœurs et les confrères ont
poliment remercié le coordinateur du gouvernement pour s’en retourner vers
Zerhouni. Lequel, plus «merhi» que jamais, conseille gentiment aux journalistes
de poser la question au ministre de la Justice. Lequel, bien évidemment, est…
absent du Sénat au moment où se déroule cette scène surréaliste. J’écris
«surréaliste» parce qu’elle l’est véritablement ! Voilà un gouvernement dont le
premier responsable malgré moi, Belkhadem, annonce dans un hémicycle prestigieux
l’arrestation de Khalifa. Et dans cette même enceinte, le premier policier du
pays renvoie les journalistes vers le premier responsable absent d’une justice
presque aussi absente que lui. Alors qui croire ? Zerhouni ? Lui n’a rien dit
sur Khalifa. Lui compte les bombes et accroche méthodiquement des médailles de
faiblesse sur les poitrines gonflées du GSPC. Bélaïz ? Faudrait d’abord arriver
à lui mettre la main au collet, si j’ose dire. Belkhadem ? Au moment où le roi
du plantage annonçait fièrement aux sénateurs l’arrestation de Khalifa, Moumen
ressortait libre du poste de police londonien où il avait pris le «tea of five
o’clock» avec des inspecteurs n’ayant pas contracté de prêts à Khalifa Bank.
Ainsi donc, Rafik est libre. Et Abdelaziz II est libre. Et très sincèrement, je
ne sais pas vraiment laquelle de ces deux infos m’attriste au plus haut point.
La seule chose que je sache, c’est qu’il nous faut encore fumer beaucoup de thé
pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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