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Actualités : POURSUITE DES PLAIDOIRIES AU 45E JOUR DU PROCES KHALIFA
"L'Etat est coupable de non-assistance à personne en danger"


Les plaidoiries des avocats défendant les accusés poursuivis en criminelle se sont poursuivies hier. La défense a, encore une fois, pointé un doigt accusateur en direction des institutions de l’Etat. «Dans cette affaire, des institutions ont fait mine de ne rien voir, de ne rien entendre. En étant absent, l’Etat s’est rendu coupable de non-assistance à personne en danger.» La phrase est de Me Belloula Djamel qui se demande comment les justiciables peuvent avoir un sentiment d’équité, lorsqu’à l’occasion de ce procès, des témoins «d’un genre nouveau reconnaissent des faits graves devant le tribunal sans être inquiétés».

Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’avocat, qui estime que tous les qualificatifs peuvent s’appliquer à cette affaire sauf celui d’«ordinaire», défend Chebli Mohamed, ex-caissier principal au niveau de la caisse principale d’El-Khalifa Bank et Benouis Lynda, ancienne directrice de la monétique au sein de la même banque. Au sujet du premier contre lequel le procureur général a requis 10 ans de prison, Me Belloula a remis en cause tous les arguments développés par le parquet général. «Mon client n’a jamais assisté à la fameuse réunion au cours de laquelle la régularisation 11 EES a été prise. Il n’a bénéficié d’aucun privilège, ne peut être accusé d’association de malfaiteurs puisque Khalifa Moumen n’a pas fait appel à lui pour la constitution de la banque.»
«Le PG s’est acharné contre Benouis»

Évoquant le cas de Benouis Lynda, l’avocat commencera par dire qu’il regrette que le procureur général ait dit beaucoup de contrevérité. «Il s’est acharné sur ma cliente, s’est dangereusement écarté de l’arrêt de renvoi, nous obligeant à nous justifier au sujet de faits qui ne nous sont pas reprochés.» Des griefs qui n’ont pas été du goût du procureur général, ce qui n’a pas empêché l’avocat de persister à dire qu’il «y a volonté de dénaturer les faits». La poursuite pour abus de confiance de l’ex-directrice de la monétique s’est faite sur la base d’un crédit d’un montant de 9 millions de dinars octroyé par Khalifa Moumen. «Un prêt personnel que l’intéressée a reconnu en apposant sa signature sur la lettre de remerciements que lui avait adressée par ma cliente après remboursement de la somme.» Un document qui n’avait pas été reconnu, ce qui a conduit à l’inculpation de Benouis contre laquelle le PG a requis 4 années au grand étonnement de son défenseur qui rappelle que la peine maximale prévue par la loi est de 3 années.
«La double nationalité n’est pas une preuve de culpabilité»

Pour sa part, Me Ouali, qui défend Mir Ahmed, ancien inspecteur à El-Khalifa Bank, Toudjène Mouloud, ancien DG de la comptabilité, et Yacine Ahmed, ex-DG de Digromed, a tenté de démontrer que le dossier des trois prévenus était vide. D’emblée, l’avocate a fait part de son étonnement de voir le PG axer sa plaidoirie sur le fait que Mir Ahmed soit rentré du Canada pour travailler à Khalifa et de mettre l’accent sur sa double nationalité. «A ma connaissance, la double nationalité n’est pas encore un crime. Il paraît que même des ministres l’ont.» Au procureur général qui a affirmé que l’accusé n’avait pas effectué des inspections, l’avocate répond en affirmant le contraire. «Il a appliqué le programme d’inspections à la lettre. Nous avons les documents qui le prouvent.» Au sujet de la constitution de malfaiteurs, elle dira qu’à l’époque de la création de la banque son client n’était pas encore rentré au pays. La veille, son autre avocat, Sidi Saïd avait rappelé qu’à l’époque de la création de la banque, Mir Ahmed avait envoyé des demandes à deux banques différentes et qu’à l’époque de l’installation de l’administrateur provisoire, il se trouvait en Allemagne et que s’il avait des choses à se reprocher, il ne serait pas rentré. Pour toutes ces raisons, ses défenseurs ont demandé sa relaxe. Idem pour Toudjène. L’avocate a expliqué que son mandant n’avait absolument aucun lien avec l’épisode de la régularisation des fameux 11 EES. «C’est un comptable intègre qui a passé plus de 20 ans dans le secteur public. Je pense que s’il ne l’était pas, le liquidateur ne l’aurait pas gardé dans son staff jusqu’à la veille de la prise de corps.» Et de conclure : «Madame la présidente, rendez-le à sa famille. Il a un bébé de 6 mois, un petit garçon qu’il a espéré pendant des années.»
 «Les preuves de l’innocence du DG de Digromed n’ont pas été prises en compte»
Les trois avocats qui se sont succédé pour défendre Yacine Ahmed, ex-DG de Digromed, ont tous mis l’accent sur le parcours de ce responsable élu meilleur manager et qui se retrouve poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation et contre lequel 15 ans de prison ont été requis. Maître Benouared n’a pu s’empêcher de dire que « la chambre d’accusation n’a pas été à la hauteur du dossier. Je pense même qu’ils ne l’ont même pas lu.» Une idée également développée par Me Ouali qui a déploré que le juge d’instruction n’ait jamais tenté d’instruire à décharge ou prendre en considération les pièces fournies par la défense. «On reproche à Yacine Ahmed d’avoir empoché de l’argent contre une formation qui n’a pas eu lieu. Eh bien, cette formation a bien eu lieu. Le juge d’instruction aurait pu convoquer les personnes qui en ont bénéficié ou les enseignants parmi lesquels figure un ancien ministre, mais rien n’a été fait dans ce sens», dit-elle ajoutant que, contrairement à ce qui avait été insinué, aucun bien immobilier acquis par l’accusé ne s’est fait pendant la période où il a eu à traiter avec le groupe Khalifa.
«Au-delà des accusés, des hommes»

En plaidant la cause de Mir Omar, l’ancien chef d’agence de Chéraga, et contre lequel 20 ans ont été requis, Me Abassi Mahmoud a démonté une à une les accusations retenues contre son mandant. Il a expliqué méthodiquement au tribunal qu’aucune des charges retenues n’est motivée. «L’expertise faite au niveau de l’agence a fait ressortir un trou de 10 000 DA. C’est sur cette base que mon client est poursuivi », et à l’adresse des jurés il dira de ne retenir que ce fait-là et d’oublier les milliards alignés au cours des débats, d’oublier le contrat avec Antinéa et de répondre par la négative à toutes les questions qui seront posées lors des délibérés car, dit-il, «tout cela n’a rien à voir avec Mir Omar» et de conclure qu’«au-delà de Mir Omar, l’accusé, il y a un être humain qui a perdu son épouse et qui est, aujourd’hui, privé de ses deux enfants». N. I.

La défense sermonnée
La présidente de la cour n’a pu s’empêcher de rappeler encore une fois à l’ordre la défense. A la reprise de l’audience en début d’après-midi, constatant que la majorité des avocats n’avaient pas rejoint la salle, Mme Brahimi s’est emportée, déclarant qu’elle n’aura pas d’autre alternative que celle de remplacer les avocats défaillants par des avocats commis d’office. «Ce n’est tout de même pas sérieux que les avocats ne soient pas en mesure de respecter une liste qu’ils ont eux-mêmes établie» et de dire aux accusés : «Je m’engage à vous désigner des avocats d’office qui vous défendront gratuitement.» Les accusés et leurs familles ont applaudi la présidente, partageant son indignation face au manque de sérieux de la défense. N. I.

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