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Au sortir d’un entretien que leur a accordé Amar
Tou, les psychologues du secteur public sont
formels : «Le mal est profond !»
On s’en doutait un peu…
Désolé ! Mais, comme tout le monde, j’ai vu les images. Et contrairement à
tout ce qui s’est dit, contrairement aux rumeurs qui n’ont pas arrêté de
circuler ces dernières semaines, contrairement à tous les apprentis croquemorts
qui l’ont donné cliniquement fini ces dernières heures, je lui ai trouvé une
mine superbe. Un beau sourire affiché sur toute la largeur du visage. Un regard
aussi vif qu’alerte. Un teint frais rosé, sans un pli, ou presque. Le cheveu
brillant et souple. La démarche aisée. Le geste ample et gracieux. La poignée de
main ferme et solide. La voix sans une seule octave chevrotante. L’homme est en
parfait état de santé. Rien à redire ! Il gambaderait presque pour contredire
tous ceux qui ont voulu l’enterrer trop vite. Pourtant, Dieu sait qu’il y aurait
motif à stress pour lui. S’il y en a un qui a toutes les raisons de tomber
gravement malade et de dépérir, c’est bien lui. Les attentats d’Al- Qaïda à
travers le pays ont redoublé d’intensité et de férocité. Il y a des bombes ou
des alertes à la bombe tous les jours. Des morts, tant du côté des civils que
des forces de l’ordre. Des zones du pays où il est devenu dangereux d’aller. Des
rues qui se sont transformées en bunkers, avec les gros blocs de béton posés
devant les administrations, les barrages filtrants avec des policiers à la
grosse moustache et au regard sévère, les fouilles systématiques des véhicules
suspects, la traque aux sacs, sachets et paquets laissés dans des endroits
publics. Bref, un climat d’enfer à vous rendre malade, à vous dévorer de
l’intérieur et à casser n’importe quel autre chef d’Etat. Pas lui ! Le président
irakien Jalal Talabani, 74 ans, a regagné Baghdad après une hospitalisation en
urgence en Jordanie. Aujourd’hui, il va bien. Alhamdoulillah ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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