Culture : LE COIN DU CHAABI ET DU MELHOUN
"GHADDAR KASSEK YA NDIM"
(EDHAHBIA) du poète Andjar (3e partie et fin)


AAROUBIETE (couplets)

A sa’ki chouf roudhna bahi mekmoul bin
adoua’h laghsane khel’kou moulana
Fih el khili maâ ezzhar yesleb laâ’koul
oue errandji kif djamaâ etafss iaâna
Oue ecchakouki maâ el bha fe el ouekr
issoul oue ezzine maâ el bha fi bta’hou
rouyana
Lebsou men koul fen ‘hella mezyana
Chouf el bnat ya sa’ki temthil el ‘loum
hadhi el dhik tetmayel aâla loukhra
Men tlou’ ekyouss el khamra tayhou
‘kalbi be ennedhra djmii’ hadhra
Darou aâla essefra maâloum koul saytel
fi hdhah elbya
Sekrane belhoua oue eghzalou ‘kouddamou
yetzehaou bla ghiar


Ô échanson regarde comme notre jardin est sublime de beauté, création divine sous la futaie des branches. On y trouve la giroflée parmi les bourgeons des orangers qui envoûtent les esprits venus en renfort en croisant leurs branches. Le mésange de son nid roucoule, la beauté et le charme exhalant de la rosée des branches. De chaque art, il y a une parure de grâce (dans ce décor). Regarde les filles telles des drapeaux titubant l’une sur l’autre sous la montée de l’ivresse. Elles ont séduit mon cœur par leurs regards, toutes nobles autour des plateaux de cuivre. Bien sûr que chaque lionceau protège sa lionne, ivre d’amour, sa dulcinée à ses côtés, dans la distraction sans retenue.

A sa’ki ghab ennhar ou tag eddadj be
djyouch em’harbine fi khlafou banou
Ne’hkih hmam houssi aân rassou tadj oue
ejmerdjed ‘ou’kyanou
Eddhabia ahouat fel el ba’hr el aâdjadj
ya’kadh elli bgha yssa’kad lemkanou
Men dja fi ‘hma el krim yemchi fi amanou
Ma assaâb saât y ssaddou zinat el ‘kdoum
them etsibni nesfar ou nedhbal kif taâraf
hali mazal
Ouel fhoum termi lel mou’hal baâd
leoussal djam’ el frag chaâl aâmda li men
ktatou baâd el ouelfya
Ma’khour ma issib essebra fi ayamou
oue y aâyan oue’kt el mzar

Ô échanson, le jour s’en est allé et l’étoile de la nuit a surgi suivie d’une armée aguerrie qu’on dirait conduite par un roi extravagant coiffé d’une couronne sertie de perles d’émeraudes et d’or. Le soleil s’est noyé dans la mer houleuse, réveille celui qui veut rentrer chez lui et celui qui est venu sous la protection de Dieu s’en retourne assuré. Comme est triste l’heure où s’en vont celles dont la venue est charme. C’est là que tu me vois pâlir et faner tu sais alors que je demeure amoureux et combien souffre celui qui sent et comprend, après la rencontre, le feu de l’amour brûle. Celui qui s’est séparé après l’habitude est à plaindre. Déchiré, ne trouvant patience et guettant l’heure de la venue (de sa bien-aimée).

A sa’ki ma b’ka moudam ouala guelsa
adha oue’kt errouah aând el aârifine
Ellil aâla enhar bedhlamou amsa habb
ensim edhlam oue etmekken fel hine
‘koum etouadjab el frayedh oue elkhemsa
oue aâraf bi anna elkrim ghaffar ou mou’ine
Houa yaâfou aân djmii’ el makhlou’kine
Oue enhayet elhdith netleb men la yname
yem’hi dhnoubna oue ytoub aâlina be ‘ha’k
fedhlou yesma’h lina be djah mohamed
nabina chafi’i fina ‘hacha yehoua bina ni’im
el krim men la tarah ekhfyia
Maâloum bel elfdhel oua aâbidou
yer’hamou baâd edhneb emaâ el ghiar

Ô échanson, il ne reste ni vin ni assemblée, c’est l’heure du départ pour les avertis. La nuit a pris le pas sur le jour, la brise nocturne a soufflé et s’est imposée. Réveille-toi pour les préceptes et les cinq piliers et apprends que le Clément est miséricordieux et compatissant et assure Sa Clémence à toutes ses créatures Au terme de ma poésie, je le prie Lui l’Omniprésent d’effacer mes péchés et de nous pardonner au nom de Mohamed (QSSL) notre Prophète fasse que Dieu qu’il nous protège au nom de Dieu à qui rien n’échappe. Que par leurs bienfaits, ses esclaves soient acceptés après les péchés et les écarts.

A sa’ki khoudh fel maâna derr enfiss
ya’hyii roudh el aâch’kine ou yechrah
eldjellass
Fih enhad el dj’hid ouelli kan aâkiss li
anni ba’hr el klam maânaoui ‘kyass
Oue eslami le eddouhatte fi abyatte
ettedjniss be enned amaâ el aâbir oue ensim
leghrass
Men la taâ lechyakh la boudda yemsasse
Khoudh el ‘kmach y amen la ta’kdarlou
bsoum mou’hal teoudjdou fi khzayane toudjar
hadd bih el ‘koum el feddjar ‘koul lihoum ‘kal
Andjar hibet el djar ne’kma elkoul ‘kendjar
Ouelli adaâ bdjahlou ma fih esdjiyia
Kelb el khyam ‘hadd emdi’hou fi khyamou
ma ‘kablouh ahl eljdar

Ô échanson, prends de la maxime les pépites d’or élégantes qui réveillent le jardin des amoureux et épanouit l’assistance. Par ces vers tu avilis l’ignorant et le contradicteur car je suis la mer des mots éloquents et ciblés. Mon hommage va aux érudits par ses vers puisés à la source avec leur parfum, les perles d’ambre et les senteurs des plantes. Celui qui ne n’obéit pas aux maîtres est condamné à être sans saveur. Prends de ce tissu dont le prix t’es inaccessible et que tu ne trouveras jamais dans le commerce. Tu couvriras (de honte) mes détracteurs et dis leur qu’Andjar a dit que la crainte qu’il inspire est une revanche sur les dogues. Celui qui se targue avec ignorance est stérile. L’aboiement du chien domestique ne va pas au-delà de la demeure et ne trouve place dans les maisons aux murs hauts (ne peut se toiser aux érudits).

Dr Rachid MESSAOUDI
messaoudirachid@hotmail.com

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