Monde : LE MAROC CIBLE D'UN ATTENTAT TERRORISTE
Un mort et quatre blessés à Casablanca


Le royaume du Maroc est de nouveau ciblé par le terrorisme islamiste. Un attentat kamikaze a, en effet, été perpétré avant-hier dimanche, aux environs de 22 heures, dans un quartier populaire, Sidi Moumen, à Casablanca. Commis dans un cybercafé, l’attentat a fait un mort et quatre blessés.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Selon une version des faits rapportée par l’APC, un terroriste, qui se trouvait en compagnie d’un acolyte à l’intérieur d’un cybercafé, aurait actionné la charge explosive qu’il portait sur lui après que le propriétaire du cyber leur aurait interdit, lui et son compagnon, la consultation d’un site Internet faisant l’apologie du terrorisme. Cette version accrédite la thèse selon laquelle le terroriste s’est fait exploser sous l’effet de la colère. Cependant, des sources sécuritaires marocaines ont fait savoir, hier, que les deux terroristes venaient, en fait, de recevoir des instructions via un site Internet. Parmi les blessés dans cet attentat figure l’autre terroriste qui a été arrêté après une vaine tentative de fuite. Selon les habitants du pauvre quartier de Sidi Moumen, les deux terroristes étaient des habitués du cybercafé. Le fils du propriétaire les connaissait bien. Cet attentat, commis après près de quatre années après ceux perpétrés dans la même ville et qui ont fait, rappelons- le, 45 morts et des dizaines de blessés, intervient trois jours après l’arrestation d’un terroriste présumé, Saâd Houssaïni, dans un cybercafé au quartier Sidi Marouf, à Casablanca. La police marocaine a confirmé jeudi cette arrestation. Saâd HoussaÏni, recherché depuis 2002, est soupçonné d’être l’artificier du groupe terroriste islamiste marocain, le Groupe islamique combattant (GIC). Jusqu’à hier, nulle autre indication n’était disponible quant à l’affiliation des deux terroristes auteurs de l’attentat kamikaze de dimanche. Cependant, la piste d’Al Qaïda n’est pas exclue. Elle est même privilégiée. Au courant de l’année 2006, plusieurs groupuscules terroristes soupçonnés d’affiliation à Al Qaïda auraient été démantelés à Casablanca, Rabat, Meknes et Tanger. Ce qui voudra dire que le terrorisme islamiste a aussi tissé sa toile dans le territoire du royaume marocain. L’attentat de ce dimanche force les autorités marocaines à le reconnaître, elles qui, jusque-là, vendaient l’image d’un royaume prémuni contre la nébuleuse. La menace terroriste pèse donc toujours sur l’ensemble du Maghreb. La Tunisie, rappelons-le, a mis en décembre dernier plusieurs jours pour mettre hors d’état de nuire une cellule terroriste qui, vraisemblablement, planifiait des attentats spectaculaires. S. A. I.

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