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«Grève à la SNTA. Même si le syndicat affirme avoir mis
le paquet, pour l’heure, rien n’a vraiment …»
…filtré
Au moment où dans le salon VIP de l’aéroport international d’Alger, tout ce
que compte ce pays comme autorités, instruits par Abdekka, attend de pied ferme
l’investisseur étranger, une assiette de dattes dans la main droite, un verre de
lait caillé dans la main gauche, et une demande d’emploi dans la main du milieu,
dans une autre aile du même aéroport, moins prestigieuse, sans aucune autorité,
et sans un soupçon de dattes ni de lait caillé, se déroule un phénomène étrange,
un truc quasi surnaturel, un flux inverse dont tous vos journaux ont
scrupuleusement rendu compte dans leurs éditions d’hier lundi : une fuite à
grande échelle d’informaticiens algériens vers l’étranger. Selon des chiffres
officiels, 90% des informaticiens de l’ENSI, l’Entreprise nationale des systèmes
informatiques, ont déjà quitté l’Algérie pour le Canada et l’Europe. A ce
niveau-là de statistiques, à cette échelle de pourcentages, il ne s’agit plus de
simple fuite, ni de saignée, ni même d’hémorragie, mais bien de nettoyage
éthno-informatique. 90% ! Ça veut tout simplement dire que si par erreur, vous
vous retrouvez dans les locaux de l’ENSI, vous aurez l’impression de déambuler
dans une ville fantôme, où, de temps à autre, si vous avez un peu de chance et
si la météo est dégagée, vous rencontrerez un informaticien algérien pas encore
parti, toujours comptabilisé dans les 10% présents ici, mais qui ne désespère
pas d’intégrer les 90% de confrères qui se sont déjà cassés. Regardez-le bien !
Observez-le sous tous ses profils. Scannez son visage. Notez ses attitudes.
Enregistrez ses tics et manies. Il n’est pas dit que vous puissiez en rencontrer
d’autres avant longtemps, avant jamais. Cet homme, spécimen de plus en plus rare
ici, et de plus en plus nombreux ailleurs, porte un nom composé, «Enorme
gâchis». Une espèce frappée par un mal bizarre : un… virus informatique qui le
condamne à être méprisé ici et à vivre courtisé au Canada et en Europe. Un mal
dont lui-même refuse d’être guéri. Et comme je le comprends, le bougre ! Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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