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Le ministère de la Culture rappelle que la manifestation
“Alger 2007, capitale de la culture arabe” se tient toujours…
… à Alger
La pensée, sous forme de placard, était dans quelques-uns de vos journaux
hier. L’Association Anissa Culture Action Mémoire (toujours pas agréée) marquait
les 7 années de la disparition de Anissa Asselah, épouse et mère des chouhada de
la démocratie, Ahmed et Rabah. Les rédacteurs de cette pensée informent que
cette année, pour la première fois, ils n’ont rien pu prévoir comme
manifestation. Pas par manque de programme, comme ils ont tenu à le préciser,
mais parce que toutes les salles sollicitées étaient déjà réquisitionnées. Et
aussi parce qu’ils n’ont plus les moyens matériels de rendre hommage à Anissa.
J’imagine très bien par et pour quelles tronches ont été réquisitionnées les
salles en cette veille d’élections législatives. Il faut bien une salle pour les
mocassins vernis et les sourires carnassiers des camelots politiques en phase de
drague accélérée des électeurs. Il faut bien des salles, des pupitres et des
microphones à Soltani, Belkhadem, Ouyahia et tous les autres leaders de «partis»
en quête de bons d’entrée à l’APN. Une salle pour un exorciste, oui ! Une salle
pour la mémoire des Asselah, non ! J’en viens même à me demander s’il ne faut
pas bénir ces temps pas si anciens où nous avions pu dénicher quelques
centimètres carrés pour y enterrer nos morts, nos valeureux combattants à nous.
Peut-être qu’aujourd’hui, nous n’en serions même pas à chercher des salles et
des moyens financiers pour les honorer, mais juste des fosses communes pour y
entasser pêle-mêle leurs dépouilles. Vous ne le voyez pas, mais sur mon visage
s’affiche un petit soupir de soulagement. Je me réjouis presque que nos héros
aient été enterrés, à temps, du temps où les martyrs de la démocratie n’étaient
pas obligés de raser les murs des cimetières pour y reposer. Je suis sûr que
dans la tête de beaucoup de ceux qui ont réquisitionné les salles pour leurs
meetings, ces tombes occupées par les Asselah, et par tous les vrais valeureux
combattants sont autant d’espaces indûment pris dans cette Algérie qu’ils nous
préparent, qu’ils nous concoctent, un kalachnikov arraché à un militaire
agonisant dans une main, et un mandat de député "barbefln" dans l’autre. Alors,
oui ! L’Association Anissa a raison. Excusons-nous auprès de nos morts de
n’avoir même plus d’endroits ni les moyens de rappeler que eux, sont morts et
que Soltani et Belkhadem sont vivants. PARDON ! Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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