Mercredi 14 Mars 2007
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PARDON !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le ministère de la Culture rappelle que la manifestation “Alger 2007, capitale de la culture arabe” se tient toujours… 

… à Alger

La pensée, sous forme de placard, était dans quelques-uns de vos journaux hier. L’Association Anissa Culture Action Mémoire (toujours pas agréée) marquait les 7 années de la disparition de Anissa Asselah, épouse et mère des chouhada de la démocratie, Ahmed et Rabah. Les rédacteurs de cette pensée informent que cette année, pour la première fois, ils n’ont rien pu prévoir comme manifestation. Pas par manque de programme, comme ils ont tenu à le préciser, mais parce que toutes les salles sollicitées étaient déjà réquisitionnées. Et aussi parce qu’ils n’ont plus les moyens matériels de rendre hommage à Anissa. J’imagine très bien par et pour quelles tronches ont été réquisitionnées les salles en cette veille d’élections législatives. Il faut bien une salle pour les mocassins vernis et les sourires carnassiers des camelots politiques en phase de drague accélérée des électeurs. Il faut bien des salles, des pupitres et des microphones à Soltani, Belkhadem, Ouyahia et tous les autres leaders de «partis» en quête de bons d’entrée à l’APN. Une salle pour un exorciste, oui ! Une salle pour la mémoire des Asselah, non ! J’en viens même à me demander s’il ne faut pas bénir ces temps pas si anciens où nous avions pu dénicher quelques centimètres carrés pour y enterrer nos morts, nos valeureux combattants à nous. Peut-être qu’aujourd’hui, nous n’en serions même pas à chercher des salles et des moyens financiers pour les honorer, mais juste des fosses communes pour y entasser pêle-mêle leurs dépouilles. Vous ne le voyez pas, mais sur mon visage s’affiche un petit soupir de soulagement. Je me réjouis presque que nos héros aient été enterrés, à temps, du temps où les martyrs de la démocratie n’étaient pas obligés de raser les murs des cimetières pour y reposer. Je suis sûr que dans la tête de beaucoup de ceux qui ont réquisitionné les salles pour leurs meetings, ces tombes occupées par les Asselah, et par tous les vrais valeureux combattants sont autant d’espaces indûment pris dans cette Algérie qu’ils nous préparent, qu’ils nous concoctent, un kalachnikov arraché à un militaire agonisant dans une main, et un mandat de député "barbefln" dans l’autre. Alors, oui ! L’Association Anissa a raison. Excusons-nous auprès de nos morts de n’avoir même plus d’endroits ni les moyens de rappeler que eux, sont morts et que Soltani et Belkhadem sont vivants. PARDON ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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