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«Visite de Juan Carlos en Algérie. D’un commun
accord, Alger et Madrid ont évité d’aborder un sujet qui
fâche. Le Sahara occidental ? Non !
Le transfert de Hadj Aïssa au Réal de Madrid
Un salarié algérien sur trois est stressé. Ce n’est pas moi qui donne le
chiffre. C’est l’INRP, le très sérieux Institut national des risques
professionnels. Je vous vois déjà les bras en l’air, les yeux exorbités, la
bouche en O majuscule, criant au tsunami nerveux, à l’avalanche dépressive et à
la déprime généralisée. Vous vous dites que rien ne va plus si un Algérien sur
trois souffre de stress chronique. C’est tout de même drôle que vous vous
intéressiez seulement à cet Algérien sur trois. Que vous ne focalisiez que sur
ce stressé-là. Mais bonté divine ! Y a plus grave ! Et le plus grave, c’est de
regarder cette statistique autrement, à l’envers. A en croire donc le chiffre de
l’INRP, deux Algériens sur trois… ne seraient pas stressés. Le voilà le truc
énorme ! Par quel miracle, en Algérie, en 2007, deux salariés sur trois ne
souffrent pas de stress ? Je peux vous jurer que depuis que j’ai pris
connaissance de cette statistique, je n’ai plus qu’un seul truc qui me
tournicote dans la tête : rencontrer ces deux travailleurs pas stressés pour un
sou. J’estime que c’est une curiosité légitime de ma part. Pas parce que je suis
journaliste et donc professionnellement curieux, non ! Juste en tant que citoyen
stressé, j’ai d’énormes difficultés à croire qu’il puisse y avoir dans mon pays,
un pays où l’actualité est faite de scandales à milliards, un pays où l’on se
lève le matin avec le procès Khalifa, on déjeune avec le procès BCIA et l’on se
couche avec le procès Algérie Télécom, un pays où allumer des pneus dans la rue
pour dire que l’on a faim est assimilé à une tentative de coup d’Etat, un pays
où exiger de maigres augmentations de salaire à des dirigeants qui dorment sur
près de 80 milliards de dollars de réserves de changes est synonyme de volonté
manifeste de déstabiliser l’économie nationale et de faire le jeu de la main de
l’étranger, dans ce pays-là précisément, j’ai une envie furieuse de rencontrer
ces deux salariés sur trois qui affirment qu’ils ne souffrent d’aucun stress. Et
en attendant de rencontrer ces deux zouaves, j’entretiens mon stress en fumant
du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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