Jeudi 15 Mars 2007
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CES DEUX-LA, JE VOUDRAIS BIEN LES RENCONTRER !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Visite de Juan Carlos en Algérie. D’un commun
accord, Alger et Madrid ont évité d’aborder un sujet qui
fâche. Le Sahara occidental ? Non !

Le transfert de Hadj Aïssa au Réal de Madrid

Un salarié algérien sur trois est stressé. Ce n’est pas moi qui donne le chiffre. C’est l’INRP, le très sérieux Institut national des risques professionnels. Je vous vois déjà les bras en l’air, les yeux exorbités, la bouche en O majuscule, criant au tsunami nerveux, à l’avalanche dépressive et à la déprime généralisée. Vous vous dites que rien ne va plus si un Algérien sur trois souffre de stress chronique. C’est tout de même drôle que vous vous intéressiez seulement à cet Algérien sur trois. Que vous ne focalisiez que sur ce stressé-là. Mais bonté divine ! Y a plus grave ! Et le plus grave, c’est de regarder cette statistique autrement, à l’envers. A en croire donc le chiffre de l’INRP, deux Algériens sur trois… ne seraient pas stressés. Le voilà le truc énorme ! Par quel miracle, en Algérie, en 2007, deux salariés sur trois ne souffrent pas de stress ? Je peux vous jurer que depuis que j’ai pris connaissance de cette statistique, je n’ai plus qu’un seul truc qui me tournicote dans la tête : rencontrer ces deux travailleurs pas stressés pour un sou. J’estime que c’est une curiosité légitime de ma part. Pas parce que je suis journaliste et donc professionnellement curieux, non ! Juste en tant que citoyen stressé, j’ai d’énormes difficultés à croire qu’il puisse y avoir dans mon pays, un pays où l’actualité est faite de scandales à milliards, un pays où l’on se lève le matin avec le procès Khalifa, on déjeune avec le procès BCIA et l’on se couche avec le procès Algérie Télécom, un pays où allumer des pneus dans la rue pour dire que l’on a faim est assimilé à une tentative de coup d’Etat, un pays où exiger de maigres augmentations de salaire à des dirigeants qui dorment sur près de 80 milliards de dollars de réserves de changes est synonyme de volonté manifeste de déstabiliser l’économie nationale et de faire le jeu de la main de l’étranger, dans ce pays-là précisément, j’ai une envie furieuse de rencontrer ces deux salariés sur trois qui affirment qu’ils ne souffrent d’aucun stress. Et en attendant de rencontrer ces deux zouaves, j’entretiens mon stress en fumant du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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