Monde : ESPAGNE - SAHARA OCCIDENTAL
Éternelles félonies socialistes
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Les socialistes espagnols qui ont conduit la transition démocratique menant vers une monarchie constitutionnelle ont toujours trahi le peuple sahraoui. Dès la mort du général Franco, Felipe Gonzalez, premier chef de gouvernement élu depuis 1936, annonce le premier la grande félonie en signant avec Rabat et Nouakchott les “accords de Madrid” consistant à laisser Marocains et Mauritaniens faire main basse sur un territoire non autonome.
Moyennant, côté espagnol, des clauses secrètes garantissant au royaume ibérique des concessions et des intérêts colossaux au maroc. A telle enseigne que le roi Hassan II à la fin de sa vie et de son règne, avait voulu sortir du piège tendu à Madrid en 1975. En acceptant de négocier avec le Front Polisario et en endossant le plan de paix de l’ONU validé, après, à Houston en Philadelphie, le roi du Maroc voulait s’émanciper du cadre contraignant, lourd à porter et déshonorant des “accords de Madrid”. Au profond de lui-même, Hassan II savait, parfaitement, que le principe d’autodétermination conduise inéluctablement, indubitablement, naturellement vers l’indépendance du peuple des ténèbres. L’histoire va ainsi. Un peuple colonisé ne peut pas ne pas noter ou proclamer son indépendance. Pourtant, l’ex-souverain du Maroc avait accepté un probable retrait du Sahara occidental contre des relations fortes et privilégiées avec l’Algérie. Avec ou sans le cadre de l’UMA. Cette philosophie, pourtant, sera violemment combattue par la France et l’Espagne qui ont vu là un élément d’émancipation politique trop favorable à la stabilité de la région, et, notamment, de l’Algérie. Paris et Madrid s’attelèrent, alors, en louvoyant et en cassant les ressorts de la démarche de l’ONU, à ramener le Maroc vers son ahurissant projet initial consistant à se proclamer maître de territoires identifiés et reconnus non autonomes relevant de la doctrine de la décolonisation. Dans cette partie du monde, sensible et névralgique, les sphères dirigeantes du Parti socialiste espagnol, très proches des lobbies du complexe militaire français joueront un rôle néfaste, dévastateur. De Felipe Gonzalez dont les intérêts personnels au Maroc ne sont plus un secret pour personne à José Luis Zapatero, le PSOE, à l’image de la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière en Algérie), tiendra un rôle majeur dans le brouillage des horizons et dans la désinformation. Zapatero et son “relex” Miguel Mirotinos, même s’ils ont présentement, les pires difficultés à tenir une base farouchement pro-sahraouie, arrivent tout de même à empêcher l’Espagne de jouer le rôle qui est le sien. A savoir être la puissance administrante des territoires sahraouis jusqu’au jour où les populations seront appelées aux urnes pour dire si elles veulent l’indépendance ou le rattachement au Maroc. Zapatero échouera, cependant, lamentablement à mener à terme la deuxième trahison socialiste espagnole. Pour trois raisons. D’une part, parce que les militants du PSOE actuels savent parfaitement les enjeux et ne peuvent pas, comme ça, comme leurs aînés de 1975, être menés en bateau parce que las d’une dictature épuisante et féroce et tout heureux de connaître le bonheur de la démocratie et obnubilés par la perspective de devenir européens à part entière. Et d’autre part, parce que si Felipe Gonzalez, confondu depuis, par la justice de son pays, de corruption et d’abus de biens sociaux agissait en bon Atlantiste qu’il était, pour le compte des Américains qui le soutenaient contre vents et marées, Zapatero, pour ce qui le concerne, n’est qu’un sous-fifre entre les mains de la France chiraquienne. Cette dernière, affaiblie en Europe et en Afrique, ne pourra donner que ce qu’elle a : à peu près pas grand-chose. Le troisième élément qui invalidera la peu glorieuse attitude du socialisme espagnol est l’infléchissement anglo-américain parallèle, précisément, aux thèses onusiennes et à la légalité internationale. A Alger, Juan Carlos — il serait naïf de croire que le roi d’Espagne n’ait pas l’oreille des milieux décisionnels de son pays — a plaidé, pour mettre son royaume à l’abri, la raison d’Etat contre les errements de Zapatero. Juan Carlos semblait dire aux Algériens : “Ne faites pas attention à ce qu’il fait” ( ma eddirouche alih)”. Même si les relations entre l’Algérie et l’Espagne devaient être préservées, il est évident que la direction du PSOE doit être sévèrement châtiée. Elle commence à l’être en Espagne. A l’Algérie, dorénavant, de savoir mettre de l’eau dans son... gaz. A. M.

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