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“Le tramway d’Alger sera livré en 2009. Et
l’Algérie, sera-t-elle …
…délivrée en 2009 ?”
Heureusement qu’il n’y a que sept jours dans une semaine, et donc seulement
sept possibilités pour Chakib Khelil de dire la chose et son contraire. C’est
qu’il est tout de même déroutant ce cher, très cher ministre de l’Energie. Le
samedi, tout pimpant, fleurant bon le baril à 60 dollars, il vient se planter
droit devant les journalistes et leur annonce qu’il est contre une Opep du gaz.
Le lendemain dimanche, un peu moins pimpant, les traits quelque peu tirés par
une nuit agitée suite à une clôture à la baisse sur le marché de Londres, il
s’invite sur un plateau télé pour y affirmer haut et fort qu’il est pour, archi
pour une Opep du gaz. Le jour suivant, un lundi selon le calendrier des pays
producteurs de brut, Si Chakib met les gaz, direction Arzew, et y jure devant
une assistance quelque peu déroutée qu’il n’est pas très chaud à l’idée d’une
Opep du gaz. Le mardi, petite pause dans le programme bidirectionnel et
giratoire du ministre des derricks et des puits sans fin. Khelil se repose le
mardi, fait relâche et préconise une neutralité feutrée sur cette question de l’Opep
du gaz. Mercredi, changement de décor. Revigoré par une ouverture à la hausse
des cours des marchés indexés sur le brut de la mer du Nord, le pétrolier Chakib
commande une interview dans la revue “pétrole et gaz” dans laquelle il vante les
avantages d’une Opep du gaz. Jeudi, un œil vissé sur la météo et le
refroidissement sensible des températures en Europe, l’autre œil braqué sur la
rediffusion de Dallassur RTL9, le ministre de l’Energie répond nonchalamment à
la pulpeuse journaliste de Pipe Line Magazine qui l’interviewe au téléphone :
“Je ne vois aucune utilité à créer une Opep du gaz !” Le vendredi, notre homme
le passe à se demander s’il commencera la nouvelle semaine par un Oui franc et
massif à une Opep du gaz ou par un Non encore plus massif mais un peu moins
franc à cette Opep du gaz. Il faut bien un vendredi entier pour régler ce cruel
dilemme. Et il nous faut, à nous, beaucoup de patience pour tenter de suivre
Tata Yoyo dans ses circonvolutions folles. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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