Culture : “FEUILLETS LITTERAIRES DE SKIKDA”
Les auteurs sous les feux des projecteurs


Première manifestation du genre à avoir rassembler plus de 100 écrivains, chercheurs et universitaires originaires de Skikda, “Les feuilles littéraires de Skikda”, organisée par la direction de la culture, s’est tenue les 18 et 19 mars derniers, au théâtre municipal.
D’emblée, la couleur a été donnée : extirper les écrivains et poètes locaux de la marginalisation dont ils font l’objet depuis un certain temps, à travers la médiatisation de leurs œuvres et publications. Y ont été concernés ceux d’envergure locale, nationale, maghrébine ou arabe, vivant en Algérie ou outre-Méditerranée ainsi que ceux primés lors des festivals internationaux. L’allocution d’ouverture de Abdelahmid Chkeil en est également l’illustration, elle est un appel à la lutte contre la régionalisation qui sévit dans le monde des arts et de la culture. L’orateur recommande aux instances nationales en charge de ce secteur de puiser dans le Sud, l’Algérie profonde et le littoral les ressources intellectuelles aux talents certains et prodigieux afin de les stimuler et de fertiliser la production littéraire, qui serait, selon les aveux implicites de l’écrivain, réservée à une “caste” privilégiée. Au programme, une exposition qui a permis au public de prendre connaissance des travaux publiés dans le domaine du roman, la poésie, les nouvelles et contes pour enfants. Une opportunité qui a mis en relief la place prépondérante de l’écrivain skikdi dans le Panthéon international et arabe. En témoigne le palmarès énoncé de 18 écrivains et poètes dont Youcef Ighlissi, Achour Boukeloua, Bouzoualegh, Zahra Boussekine, Malek Boudiba, Lazhar Aatia, Djamila Zenir, Rabah Bousbiaa, Azzedine Cheniki, Abdelmalek Aouati, Ahcène Tlilani et Mohamed Kaouane, ayant raflé les prix habituellement décernés dans les rencontres locales, nationales, maghrébines et arabes, et qui sont respectivement le prix Bouchhit Mohamed, le prix du ministère de la Culture, El Djahidia et le prix Souad S’bah. Parmi tous ces noms, un seul, Youcef Ighlissi, a pu remporter les quatre distinctions citées. Une conférence animée par le Dr Ahmed Chribat sur “L’historique du roman skikdi, des années 1950 à nos jours”, a été nécessaire pour lancer l’idée, au moins, d’une recherche sur cette période riche en enseignements littéraires. Le conférencier situe le socle de cette période en 1956, l’année de la publication du roman de Noureddine Boudjedra. Elle a été suivie de débats axés sur deux volets : le roman et la poésie. Concernant le premier, Med Kaouane et Riad M’siss ont présenté une esquisse sur le roman de Lazhar Attia Laatirafate Hamid El Mensi(les aveux de Hamid El Mensi) ; ils ont décortiqué une œuvre d’un écrivain de talent, selon l’avis de Ali Bouzoualegh, écrivain et fonctionnaire à la direction de la culture, et ce, en dépit du fait qu’il ait à son actif deux romans seulement. Dans le même contexte, deux autres romans, El Khiana” la trahison de Abdelkader Nettour et El Khobz Edjaaia (le Pain affamé) de Abdel Malek Aouati, ont fait l’objet d’études respectivement de la part de Nassima Aloui et Ahcène Tlilani. Pour ce qui concerne le deuxième volet, le bal a été ouvert par une étude critique réalisée par Achour Boukeloua et Saïda Zighed sur l’œuvre de Ali Bouzoualegh. L’esthétique poétique (Djamaliat El Qacida)dans les œuvres de Youcef Ighlissi, Hassen Douas et Achour Boukeloua, est le thème d’un travail de recherche initié par Noureddine Boussaa. La poésie pour enfants dans l’œuvre de Hassen Douas n’a pas été omise, et c’est Mansour Bouneb Abdelhak qui s’est chargé de décortiquer pour l’assistance les messages qu’elle véhicule. En clôture, des prix ont été décernés. Le premier à Sakina Belabed pour son premier livre édité, Aghani El Mouroudj chants de prairies, un recueil de poésies pour enfants. Le deuxième à Attoui Mohammed pour son livre Yaoumiat Echchouroud oua Ettahadi (Carnets de distractions et de défis). Ce dernier cité, paraplégique et ne se déplaçant qu’en de rares occasions, a retenu l’attention des initiateurs de cette manifestation culturelle et leurs invités, qui lui ont rendu visite à son domicile et lui ont remis un cadeau symbolique pour la circonstance. Des recommandations ont sanctionné ces journées de délices poétiques et littéraires et de remise en cause de la politique de déni dont font l’objet les auteurs skikdis de la part des instances compétentes. Parmi lesquelles, il conviendrait de souligner celle émise par le wali, qui a insisté pour que cette journée “Feuillets littéraires de Skikda” soit instituée comme tradition annuelle et qu’elle soit sanctionnée par un grand prix.
Zaïd Zoheir

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