Panorama : RAPPORT DU PARLEMENT EUROPEEN SUR LE MONDE ARABE
Le malaise arabe, voire le malheur arabe...
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Dans son rapport sur les relations entre l’Union européenne et le monde arabe, le Parlement européen (PE) dresse un constat amer, sans complaisance. “Dans les pays concernés (le monde arabe, ndlr), est-il souligné dans le texte adopté le 27 mars courant à Bruxelles, le décollage économique ne se produit pas. Une grande pauvreté subsiste partout, même là où il y a du pétrole”.
Dans le fascicule adopté par les euro-parlementaires, il est fait état de “la condition des femmes” qui demeurent “outrageusement dépendantes”. “Du côté de l’Union européenne, est-il relevé, si le monde arabe fait l’objet de fréquentes allusions, la politique pratique ne connaît que des Etats”. “Nos échanges, relèvent les eurodéputés, nos déclarations, nos interventions politiques concernent exclusivement les Etats, traités un par un et séparément”. Le Parlement européen estime, plus loin dans son document, “nos relations distinctes avec l’Egypte, le Liban, l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Algérie, le Maroc sont conduites dans un cadre étatique bilatéral, comme le sont, d’ailleurs, nos positions sur le problème irakien, sans que le caractère arabe de ces pays soit seulement mentionné”. D’où, selon les députés des 27, de se poser la question de savoir si “cette attitude est pertinente”. Selon eux, “l’arabité n’est pas d’abord ou pas seulement de nature religieuse. Elle a une connotation nationale et évoque un espoir d’unité en même temps qu’un projet culturel”. Pour les vénérables europarlementaires, “prendre en considération ce facteur, constituerait, un signe de reconnaissance identitaire de nature à faciliter et intensifier le nécessaire dialogue avec ces pays”. Dialogue pour l’instant “peu nourri”. Les rapporteurs du Parlement européen constatent, par ailleurs, que “c’est au niveau international que les intellectuels arabes et les sociétés civiles peuvent le mieux se faire entendre”. Une sentence pareille sonne l’échec de toute l’approche européenne vis-à-vis du monde arabe. Ou dit arabe. Signalons que le rapport mentionné porte l’intitulé “les réformes dans le monde arabe : quelle stratégie pour l’Union européenne”. C’est M. Michel Rocard, ex-Premier ministre français et actuel président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, qui en est l’inspirateur. Ou même l’auteur. Cette nouvelle doctrine annonce-t-elle un repentir sincère des Européens, eu égard, justement, à leur responsabilité dans la situation actuelle du monde arabe ou cache-t-elle une énième entourloupe ? Genre dans lequel excelle, hélas, l’Union européenne.
A. M.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable