Périscoop : BAZOOKA
Riyad : le tournant arabe (2) ?
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Deux grands autres facteurs ont également joué dans le tournant politique qui se prend sous nos yeux au Proche- Orient. L’échec américain en Irak malgré l’aide inespérée qu’a apportée El Qaïda aux plans américains en déclenchant une guerre confessionnelle nourrie également par les fondamentalistes chiites et tous les groupes à l’affût des richesses à partager sous la tutelle des pétroliers américains.
Cette guerre civile qui devait «convaincre» d’une partition maîtrisée de l’Irak et de la création d’Etats confessionnels inconsistants est une simple expression de la vision religieuse du monde que veulent imposer les néo-conservateurs pour des raisons géostratégiques bien terrestres celles-là. Ce rôle d’El Qaïda fait croire à beaucoup de mes amis que cette organisation travaille trop bien à légitimer la propagande et les plans américains pour ne travailler que sous l’influence des services secrets américains. L’ampleur de cette guerre civile couplée à de vrais actes de résistance noyés dans le fracas des morts de civils innocents ne sert cependant plus les intérêts américains mais ceux de l’Iran et des groupes sous son influence. L’occupation américaine a livré de fait l’Irak à l’influence iranienne, paradoxe que soulignent bien des observateurs. Le deuxième facteur est bien l’impossibilité d’isoler la Syrie qui apparaît de plus en plus comme un pays-clé. Reprenons. Tous ces éléments ont joué à des niveaux inattendus à partir de l’échec israélien au Liban. Ce fut un échec stratégique pour les plans américains et pour une guerre que préparait Israël depuis quatre mois, selon l’aveu d’Ehud Olmert devant la Knesset. Cela vous semble exagéré ? Un de mes plus chers amis m’a livré, un jour, une parabole pour m’expliquer cela. «Les Mau-mau ont opposé aux Britanniques une résistance héroïque qui n’a pas empêché la conquête du Kenya. La résistance libanaise a empêché les Israéliens d’atteindre leurs buts et à renoncer à les poursuivre, en tout cas sous cette forme.» Le facteur le plus déterminant sont ces trois échecs : échec israélien au Liban, échec américain en Irak, échec à isoler la Syrie. Dès lors, l’entêtement américain devenait un risque pour la sécurité et la stabilité des alliés des USA. Les intérêts de ces pays les poussaient à se démarquer de la folie meurtrière et destructrice des néo-conservateurs et de leurs visages politiques : Dick Cheney et G. W. Bush. La question se pose de savoir s’il s’agit de trouver d’autres formes plus réalistes, plus souples pour réaliser les mêmes objectifs ou s’il s’agit pour l’Arabie saoudite (et ses amis arabes) d’un désaccord sur les buts eux-mêmes ?
M. B.

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