Périscoop : BAZOOKA
Riyad : le tournant arabe ? (fin)
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Difficile de répondre, n’est-ce pas ? Bien sûr ! Le volcan «Proche-Orient» n’a pas l’air de s’apaiser. Derrière les déclarations les faits, têtus, laissent entrevoir le pire. Prenons-les au hasard. Les USA et Israël ont introduit une nouvelle notion à l’intention des Arabes : le droit à l’existence d’Israël. Les Arabes ne sont plus obligés seulement de reconnaître l’existence d’Israël comme fait politique. Ils sont tenus de reconnaître son «droit à l’existence».
Ne vous trompez pas, la nuance est de taille. Vous pouviez vous dire : «Bon, maintenant Israël existe depuis 60 ans. Inutile de faire l’autruche. J’admets et reconnais qu’il existe et qu’il faut faire avec.» Vous êtes tenus, maintenant, de vous dire : «Ils avaient le droit de venir les pionniers des sionistes, de prendre les terres, de massacrer les populations, de chasser l’autochtone » Il ne vous reste plus qu’à admettre que cette terre leur était promise et que les Palestiniens en sont les indus occupants. C’est cette nuance qu’on oppose déjà au Hamas et qu’on opposera demain à tous les pays arabes leur demandant d’admettre le bien-fondé de l’idéologie sioniste, de devenir des partis… sionistes. Au lendemain du Sommet arabe, la pression ne se relâche pas. Merkel demande plus de concessions au Hamas et s’attaque aux partisans de la violence. Israël, selon Merkel, confisque les terres, démolit les maisons, détruit les oliviers et les cultures, construit le mur illégal de la honte avec des fleurs et des caresses. La feuille de route n’est opposable qu’aux Palestiniens, pas aux colons qui prennent toujours plus de terres. Merkel et Rice insistent qu’elles ne peuvent qu’accompagner les discussions israélo-palestiniennes, cœur de la solution. Elles introduisent l’idée qu’il existe deux problèmes distincts : un problème israélopalestinien à résoudre en tête-à-tête et un problème israélo-arabe différent. Quelle classe, quelle capacité à brouiller les cartes, quel art de l’ambiguïté, du double langage, de l’hypocrisie, de l’opium pour nos peuples, quel sang froid dans l’exécution du crime, quel manque de tout scrupule humain que notre expérience coloniale nous avait pourtant dévoilés ! C’est tellement gros qu’on redécouvre. Cela n’a pas changé et nul tournant chez les Euro-américains. Et c’est pourtant la seule mesure fiable que les Arabes ont bien pris le bon tournant à Riyad.
M. B.

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