Mardi 03 Avril 2007
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GLACIAL !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Justice. Le barreau d’Oran jumelé avec deux barreaux marocains. »

Vive le Maghreb des barreaux !

Je reviens du Salon du livre de Paris, Paris en plein mois de mars, ville où j’avais pensé avoir bravé ce qui se fait de mieux en termes de froid, de pluie, de verglas et même de neige. Pourtant, lorsque le pilote du vol Air France annonce que l’avion amorce sa descente sur l’aéroport Houari- Boumediene avec un quart d’heure d’avance sur l’horaire (si ! si ! Je vous assure, c’est possible !) un froid terrible m’a saisi dès le sortir de l’appareil. Bizarre, tout de même. Le même pilote nous avait pourtant affirmé qu’il faisait une température au sol de 24 degrés et que le soleil dardait à souhait. Sur la foi de sa déclaration que je n’avais pas de raison de mettre en doute, je m’étais même débarrassé de mon gros manteau et de mes mitaines. Je n’aurais pas dû ! Déjà, dans le satellite, dans le couloir menant vers les formalités douanières et de police, une bise cinglante soufflait sans que l’on sache vraiment d’où elle venait. Ensuite, en empruntant l’escalier vers les guichets de police, le contact avec la rampe métallique me fit pousser un cri vite réprimé, de peur de semer la panique en ces lieux. J’avais été comme électrocuté par le contact extrêmement froid avec cette rampe. On aurait dit une lame de rasoir gardée des semaines durant dans une chambre froide. N’ayant pas rempli de fiche de débarquement dans l’avion, j’en saisis une posée sur des guéridons. Le carton était glacial, comme frigorifié. J’eus toutes les peines du monde à fournir les renseignements demandés. D’autant plus de peine, que le stylo que je sortis de ma poche, lequel était à la bonne température lorsque je l’avais utilisé tout à l’heure dans l’avion pour les mots fléchés, était à présent littéralement cryogénisé. Une vapeur de glace s’échappait de la mine, et l’encre, même en soufflant dessus de toutes mes forces, peinait à s’en échapper. Sur les glaces des hublots me séparant du préposé au contrôle des passeports, une buée tenace faisait givre, et je compris vite qu’il me fallait garder entre elle et moi une certaine distance pour éviter le gros rhume ou carrément la pneumonie. Lorsque l’homme me remit mon document visé, j’ai failli le lâcher tellement il était devenu froid entre le moment où je l’avais posé sur le guichet et celui où il me fut rendu. Comme si le pauvre passeport vert avait été plongé de force dans une morgue pour esquimaux Inuits. Et comme pour rajouter à cette ambiance polaire, les regards des douaniers, des policiers et autres personnels officiant là semblaient dénués de toute énergie calorique, aussi vides et froids qu’un iceberg rêvant de dériver vers la mer Caraïbes. Bonté divine ! Je jetai un coup d’œil sur le baromètre accroché bien en évidence au-dessus du tableau des arrivées, et sa branche gelée, chargée de stalactites, indiquait invariablement 24 degrés centigrades. Mais alors, avec cette température caniculaire pour un mois d’avril, d’où venait ce froid extrême, cette ambiance glaciale, à couper au couteau ? Ou plutôt aux ciseaux ? Va falloir que je m’acclimate vite ! Et que je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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