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«Face à la grogne, les responsables du FLN ont décidé de réagir.»
Les dobermans ?
Pressé comme un citron par les journalistes, Belkhadem a craqué : «Oui ! Le
président de la République a bien supervisé les listes FLN. Je vous l’ai déjà
dit ! Vous voulez que je vous le répète en anglais ?» Non, Monsieur Abdelaziz !
Pas la peine de nous traduire en anglais votre désarroi, votre détresse
profonde, votre infinie tristesse, votre incommensurable déception, votre
abyssal désenchantement, votre infinie lassitude, votre insondable colère
contrite, votre immense rancœur, votre indescriptible désemparement.
Laissez-nous juste les apprécier dans les langues arabe et française. Cela
suffit à notre bonheur. Pour le moment. Vous voir, Monsieur Abdelaziz, cafter le
chef de l’Etat, cligner des yeux discrètement en direction de son portrait
accroché au-dessus de votre tête comme pour dire aux journalistes «c’est pas
moi, c’est lui, mais ne répétez surtout pas que je vous l’ai dit», c’est tout
simplement orgasmique. Il y a de la «cour de récré maternelle» dans votre
comportement en ce moment. Affecté d’office au piquet, au fond de la classe,
vous balancez d’une jambe à l’autre, torturé entre l’envie de tout nous avouer
sur le rôle de Abdekka dans la confection des listes FLN aux législatives et la
peur de vous retrouver HS, hors service pour demain, pour le 17 mai et pour les
siècles suivants. Votre trouble, votre inconfort me remplissent d’aise. Car, vu
d’en bas, vu de chez nous, vu des plaines que vous avez toujours surplombées de
votre arrogance, c’est toujours un intense plaisir de vous regarder vous manger
les orteils entre vous, vous bouder les uns les autres, vous détester aussi
férocement. Ça nous aide ensuite à mieux pouffer lorsque, au lendemain de
scrutins, vous vous acharnez à nous convaincre qu’il n’y a d’autre programme,
d’autre bible et d’autre Coran sur votre table de chevet que le seul programme
du président. A vous voir aujourd’hui baisser la tête, grommeler, vous gratter
nerveusement la barbe et virer vert-gris du pigment, nous savons que vous ne
dites pas la vérité. Et ce spectacle-là, je l’avoue, j’en suis fou, j’en raffole
et en redemande sans modération. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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