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«L’éviction de Belkhadem des listes du FLN pour
les législatives provoque de sérieux remous.»
En Iran
Que l’on s’entende dès le départ : El Moudjahid a le droit de faire les unes
qu’il veut, avec les photos de qui il veut et les titres qu’il a choisis.
Personne n’a le droit de dicter à El Moudjahid sa ligne éditoriale ou de vouloir
lui en imposer une. C’est cela la liberté d’expression, et le libre exercice du
métier de journaliste. Tout comme les lecteurs ont le droit de lire ou de ne pas
lire El Moudjahid. Moi, je le lis. Et c’est en le lisant hier, très tôt, dès 6
heures 30 minutes, dans un café en bas de chez moi, que je suis entré en état de
profonde «hayra». La première page d’ El Moudjahid était barrée du titre suivant
«L’Algérie en 2007, un Etat fort, moderne et démocratique». C’est un point de
vue. Il peut se défendre. Il est l’expression d’une opinion. Et tous les
journaux ont le droit d’exprimer une opinion. Le seul problème, car il y a
problème, c’est qu’à proximité du café où j’étais attablé à lire mon El
Moudjahid, il y avait et il y a encore une épicerie. Et devant cette épicerie, à
6 heures 30 minutes, des Algériennes et des Algériens de tous âges, de 6 à 77
ans, faisaient une queue longue de près d’une centaine de mètres pour acheter du
lait. Le commerçant, visiblement débordé par cet afflux, avait instauré
d’autorité un quota de deux sachets de lait seulement par tête de pipe. Je vous
avoue que j’étais plutôt perplexe. Dans El Moudjahid, il était écrit que
l’Algérie était un Etat fort, moderne et démocratique. Et dans la rue
algérienne, là, devant mes yeux, je voyais des citoyens de cet Etat fort,
moderne et démocratique, se chamailler pendant des heures pour saisir au vol
deux malheureux sachets de lait. Comme dans les années 60/70. Des années durant
lesquelles l’Algérie était déjà un Etat fort, moderne et démocratique. Selon El
Moudjahidde l’époque, bien sûr. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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