Périscoop : BAZOOKA
Subites générosités
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Autour du pays d’Irak ravagé par le terrorisme et où Al Qaïda combat les Américains en tuant tous les Irakiens qui lui déplaisent ou expriment une opinion différente, se monte une nouvelle opération. Des voix bien intentionnées s’élèvent de partout pour dire que les trois millions de réfugiés (trois millions de réfugiés, c’est une fois et demie le chiffre non vérifié avancé pour le Darfour) deviennent un fardeau pour les deux principaux pays qui les accueillent : Syrie et Jordanie.
Et, curieusement, en ce moment de lutte contre l’émigration clandestine et pour l’émigration choisie est amorcée une campagne pour obtenir des quotas dans les principaux pays industrialisés : USA, Grande-Bretagne, France, Canada…
Bien sûr, aucune condamnation de la politique américaine qui a jeté tant de monde sur les routes de l’exil et de la misère. Bien sûr, pas un mot de reconnaissance pour cette Syrie «terroriste » qui porte seule un poids social aussi lourd malgré ses ressources très limitées. Pire, dans le paysage tourmenté de ce Moyen-Orient livré à la folie destructrice de la politique néoconservatrice, elle reste le principal accusé par les gouvernements et des médias occidentaux de l’instabilité régionale. Il faut le faire !
Le début de ce qui s’apparente à une campagne est appuyé par l’ONU de Ban Ki-moon qu’il nous sera de plus en plus difficile de distinguer de Bolton. Le Commissariat aux réfugiés a dégagé un peu d’argent pour ces Irakiens chassés de chez eux, une somme bien insuffisante. L’essentiel est dans le geste qui donne du crédit à cette campagne. Les moins sagaces des observateurs, les plus bêtes et les chroniqueurs idiots de mon espèce poseront, évidemment, la mauvaise question : pourquoi pour tous les autres réfugiés du monde, dont ceux du Darfour, on ne lance pas une campagne pour faire recevoir des quotas d’exilés dans les grands pays industrialisés ? Bizarre, non, cette différence de traitement ! N’allez surtout pas chercher la réponse parmi ces réfugiés d’ingénieurs, de techniciens, d’universitaires ; bref, de «cerveaux».
M. B.

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