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«Cette fois-ci encore, les élections seront propres et honnêtes.»
En France
Ce matin, j’ai les traits tirés, les yeux rougis par le manque de sommeil.
C’est que je n’ai rien voulu rater de la soirée électorale française. Que
voulez-vous ! Quand on est algérien, dans la deuxième moitié de sa vie, on se
dit que les occasions d’assister au déroulement normal d’un vrai scrutin dans
son pays sont quasiment nulles, voire même chimériques. Alors, autant se
«remplir les yeux» de ce spectacle inédit pour nous, irréel dans notre
imaginaire cadenassé et tellement jouissif, même s’il s’agit d’un vote dans un
pays étranger. Quel moment d’intense bonheur que de voir des bureaux de vote où
les électeurs ne sont pas parqués bien en face de la caméra et n’entament pas un
sprint télécommandé afin de donner l’illusion d’une affluence nombreuse et d’un
engouement sans limites. Quelle jubilation de constater qu’un bulletin plongé
par une main et ressorti par une autre n’a pas changé, entre-temps, de couleur
ou n’a pas carrément disparu. Quel pied de vérifier qu’autour des urnes, vers
les coups de 19 heures 30 minutes, il n’y a point de ces cerbères qui veillent
au «bon déroulement du scrutin», le regard caché derrière de grosses lunettes
noires, alors que c’est le soir et que le soleil, écœuré par le spectacle de la
fraude, s’en est allé se coucher depuis deux bonnes heures déjà. Quelle moment
de plénitude que de découvrir, ébahi, qu’une urne est une boîte aux formes
carrées et franches, sans double fond, sans couloir secret, sans niche
dissimulée, sans issue non déclarée au cadastre communal et sans duplicateur
miniaturisé de bulletins. Quelle jouissance d’avoir les résultats d’une
présidentielle dans la soirée même, et de n’avoir pas à attendre le vendredi
suivant, le temps pour les hommes à lunettes noires de décider pour nous de ce
qui est bon pour eux. Oui ! J’ai pris mon pied ! J’ai pris mon pied à suivre une
élection dans un autre pays que le mien. Allah ghaleb ! C’est comme ça ! Je ne
veux pas mourir sans avoir vu une fois au moins un vote libre, démocratique,
transparent et propre. Pour le reste, pour le 17 mai prochain, entre autres,
j’ai une entière confiance en les autorités de mon pays. Elles sauront s’y
prendre. Comme d’habitude. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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