Lundi 30 Avril 2007
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Corruptions
Le Soir Mobile
Monde
 
 
Nos archives en HTML
 

Actualités : JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE
La corporation fait le point


La Journée mondiale de la liberté de la presse, qui intervient le 3 mai, renvoie chaque année la corporation aux mêmes constats. Absence de statut, de convention collective, désorganisation de la profession, un code pénal qui muselle la profession, restreint les libertés et menace de peines de prison les journalistes sont autant d’obstacles évoqués par les professionnels de la presse. Cette journée est aussi l’occasion de se recueillir à la mémoire des consœurs et confrères disparus durant ces dernières années, victimes de la barbarie terroriste.
N. Sebti, rédacteur en chef du journal Liberté: La journée de la liberté de la presse est une opportunité pour prendre du recul par rapport au métier de journaliste. Quand nous observons le paysage médiatique algérien, on se félicite d’abord de l’existence d’un nombre important de journaux. Il y a donc matière à satisfaction. Toutefois, il est regrettable d’observer qu’il y a moins de liberté, moins d’audace dans les écrits et dans la façon de poser les problèmes. Les journalistes donnent l’impression de s’autocensurer par rapport à l’époque où il y a eu l’ouverture du champ médiatique.
Bachir Cherif, directeur de la publication de La Tribune
: Le 3 mai est une journée qui doit être d’abord un moment de recueillement pour les confrères disparus dans diverses circonstances depuis l’indépendance. C’est aussi une marque de solidarité pour la famille de la presse dont certains membres traversent des moments difficiles ce qui ne fait pas honneur à la corporation qui n’a pas pu, en dépit de ses moyens, mettre en place un dispositif ou un fonds de solidarité. Par ailleurs, il n’est plus temps de se lamenter sur les restrictions de liberté d’expression comme à chaque 3 mai, mais il faudrait plutôt entamer une réflexion mature pour baliser l’exercice de la profession en respectant les règles d’éthique et de déontologie pour le demi-siècle à venir comme cela se fait dans toutes les grandes démocraties. Les pouvoirs publics doivent eux aussi veiller, en conformité avec la loi, à éviter tout dérapage de n’importe quelle structure de l’Etat pour l’exercice libre de notre profession. Et c’est dans cette fusion que nous pourrons nous arrimer à la problématique des technologies nouvelles et sortir de la situation embryonnaire dans la laquelle nous nous trouvons. Notre leitmotiv doit être en relation avec les représentants de la profession de lutter contre les lobbys politiciens et financiers susceptibles de pervertir notre mission d’informer. Zine Cherfaoui, rédacteur en chef El Watan : En dépit de la décision d’amnistie en direction des journalistes décidée l’année passée et accueillie favorablement par la profession, et qui exprimait une volonté du président de la République de normaliser les relations avec la presse, cela ne veut pas dire que tous les problèmes de la profession sont réglés. Par exemple, le code pénal, qui pend comme une épée de Damoclès sur la tête des journalistes, pousse ces derniers vers une sorte d’autocensure de peur de tomber dans les dispositions du code pénal. La célébration du 3 Mai nous rappelle qu’il y a un combat à mener en ce qui concerne notamment la dépénalisation du délit de presse. L’autre aspect c’est que le pouvoir doit accompagner le syndicat pour garantir les droits des journalistes. Nous attendons donc des initiatives et l’encadrement du secteur par une loi. Ceci alors que si la presse est critiquée personne ne bouge pour améliorer la formation des journalistes. C’est donc une halte pour faire le bilan de la profession.
M. Djakoun, directeur de la publication de La Nouvelle République :
Aujourd’hui, la corporation n’est pas organisée, il n’y a ni syndicat, ni association des éditeurs qui activent en vue d’améliorer les conditions que connaît la professions. Ceci pour un secteur qui est censé être en avant-garde du combat pour les libertés. Nous ne pouvons aussi parler de tirages alors que la presse ne couvre que 40 % du territoire national. Ceci alors que les journaux qui gagnent de l’argent peuvent aider le secteur à se développer. Aussi et même si certains titres exercent une sorte de diktat en matière de distribution, grâce à Internet nous avons beaucoup de lecteurs et cela aura aussi dans l’avenir un impact sur les ventes.
Ali Djerri, directeur de la publication D’ El Khabar :
Pour moi, la meilleure façon de passer à des actions concrètes en faveur de la profession est le lancement par les éditeurs d’un centre de formation professionnelle pour les journalistes. Ce projet se fera en collaboration avec l’école de Lille. J’espère que cette profession connaîtra une meilleure organisation. Depuis des années, nous avons les mêmes priorités et les mêmes constats mais nous n’arrivons pas à avancer parce qu’il n’y a pas un mouvement d’ensemble de la corporation.
Anis Rahmani, directeur de la rédaction d’ Echourouk:
Nous espérons à l’occasion de la Journée de la liberté de la presse faire le point sur notre profession et ce qu’elle a vécu durant ces dernières années. Il faut une presse forte loin et distante des sphères économiques qui menacent la liberté de la presse. La presse prouve de plus en plus qu’elle est le miroir de la société. Les lois doivent être changées pour que ne soit pas muselée la seule voix d’expression de ce pays. Il est aussi intolérable que des journalistes soient emprisonnés à cause de leurs écrits.
Kamel Amarni, Syndicat national des journalistes (SNJ) :
A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, nous serons cette année à Constantine pour célébrer l’événement les 2 et 3 mai. A Alger, sera déposée une gerbe de fleurs à la place de la Liberté-de-la-Presse à la rue Hassiba-Ben-Bouali en hommage aux journalistes assassinés. Le 2 mai sera organisé un défilé de mode organisé en collaboration avec NewPress. Un mémorandum du syndicat sur la dépénalisation et la liberté d’expression sera aussi préparé. Il sera adressé aux partis politiques et candidats en cours pour les prochaines législatives. Tout le monde se détermine par rapport à la question de la dépénalisation et à l’étouffement de la liberté de la presse en Algérie. Pour les 6, 7 et 8 mai, un atelier de travail sur les techniques de négociations et la convention collective sera organisé dans le cadre d’un programme danois. Le même atelier se tiendra le 2 mai à Constantine. Dans la campagne de dépénalisation, nous avons préparé des brochures avec la Fédération internationale des journalistes (FIJ) qui seront distribuées par la suite. Les thèmes choisis pour cette année, en plus de la liberté d’expression, sont le statut national des journalistes.
Propos recueillis par F. Zohra B.

Nombre de lectures : 400

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site