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“Campagne pour les législatives du 17 mai. Aboudjerra Soltani
s’en prend violemment au système.”
En psychanalyse, c’est ce que l’on appelle du masochisme
J’ai attentivement écouté hier matin M. Zerrouki, directeur des libertés au
ministère de l’Intérieur. Au micro de mon excellente consœur de la chaîne III,
Souhila Hachemi, cet homme au français châtié, à la diction parfaite, au ton
mesuré et au propos clair a déclaré ce qui suit : “Avec le dispositif que nous
avons mis en place et les mécanismes que nous avons institués, l’administration
ne peut pas frauder lors des législatives.” Voilà une bonne nouvelle. Ainsi
donc, et si l’administration ne peut pas frauder, qui fraude habituellement dans
les élections algériennes ? Les grands partis ? Les mégaformations de la
coalition présidentielle ? C’est idiot ! Ils n’ont pas besoin de frauder,
puisque, avant le vote, ils sont déjà déclarés vainqueurs et annoncent eux-mêmes
les taux qu’ils vont réaliser. Par ailleurs, on ne peut tout de même pas accuser
les petits partis, les sanafir de frauder, à moins —suprême aberration — de
considérer qu’il existe des partis politiques masochistes qui fraudent pour
perdre un scrutin. Sont-ce alors les électeurs qui frauderaient honteusement ?
Difficile à imaginer. Ils sont encore plus surveillés que les urnes. Dès leur
entrée dans les écoles où se déroule le vote, ils ont des flics sur le dos, des
scrutateurs sur le ventre, des plantons à deux centimètres de la nuque et, pour
les électrices, des dragueurs patentés, homologués “spécial élections”. Mais
alors, si l’administration ne fraude pas, si les grands partis ne fraudent pas,
si les petits partis ne fraudent pas, si les électeurs ne fraudent pas, qui
fraude dans des élections indiscutablement et unanimement certifiées Fraude ISO
2007 ? C’est là qu’entre en jeu notre théorie émise en titre de la chronique,
“la rencontre du 3e type électoral”. Selon cette théorie pas si folle qu’elle
n’y paraît, les élections algériennes seraient victimes de la main de
l’étranger. Mais pas de n’importe quel étranger. D’un étranger… vraiment
étranger. Allez ! Lâchons le mot : EXTRATERRESTRES ! Et ouais ! Dans une galaxie
jalouse de la terre et plus particulièrement d’une portion de cette terre
baptisée Algérie habiteraient des créatures avec des antennes sortant par les
trous du nez et des oreilles cousues de fil blanc aux extrémités de bras
translucides. Ces créatures auraient pour obsession majeure et pour unique
mission de saboter les élections algériennes. C’est même leur seule raison
d’exister à ces Aliens, nous embêter en traficotant les PV que doit lire le
vendredi, à midi, notre ministre de l’Intérieur. C’est ce qui explique qu’une
dame aussi au fait des dossiers secrets de la République, aussi introduite que
Louisa Hanoune n’arrête pas d’accuser la main de l’étranger à chacun de ses
discours de campagne. La prochaine fois, regardez-là bien ! Ecoutez-la bien.
Elle sait ! Elle est au courant. Car un jour, par temps maussade et pluvieux,
sur un chemin oublié, même pas répertorié sur la carte d’Algérie, rempli de
nids-de-poule comme tous les chemins d’Algérie, et alors qu’elle était au volant
d’une voiture du parti, les yeux rougis par la fatigue et le remords, Louisa les
a vus, traversant un champ détourné de sa vocation par la mafia du foncier.
Depuis, elle n’est plus la même. D’ailleurs, ça se voit ! Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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