Lundi 07 Mai 2007
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Sports : ATHLETISME
Saïd Guerni prend sa retraite


A quelques mois des Jeux africains d’Alger, l’ancien champion du monde du 800 m aux Mondiaux de Paris-2003 annonce officiellement sa retraite. Depuis le 5 mai, l’athlétisme algérien est désormais privé d’un grand athlète qui a marqué le sport algérien. Les Algériens, et notamment la communauté algérienne en France, se souviendront de l’hymne national qui avait retenti au Stade de France lorsque Guerni décrochait la médaille d’or du 800 m. A la salle des conférences du centre sportif “Ghermoul”, hier, l’émotion se lisait sur les visages.

Du ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum, au président de l’association, Mohamed Djouad, en passant par le président de la FAA, Amar Bouras. L’émotion a également gagné le parterre des journalistes. Avant de répondre aux questions des confrères, Saïd Guerni, qui a fêté ses 30 ans le 29 mars dernier, a difficilement retenu ses larmes. “Je tire ma révérence après avoir mûrement réfléchi. Je n’étais pas épargné par des blessures qui ont eu raison de moi. J’ai traversé des moments difficiles au point où je ne pouvais courir un 200 m. C’était plus fort que moi”, confie-t- il. Auteur du record d’Algérie du 800 m (1’43’’09), Saïd Guerni, qui a pourtant effectué en début de saison un stage de préparation aux Emirats arabes unis, a été rattrapé par les blessures. Outre ses traumatismes, Saïd Guerni n’a pas hésité à parler d’ingratitude qu’a subie son père et entraîneur Zine El Abiddine. «Si j’étais blessé physiquement, mon père aura été blessé mentalement. Il n’a eu aucun égard en exerçant son métier sans être énuméré. Cela lui a fait beaucoup de mal”, dira-t-il. Saïd Guerni n’a pas voulu aller au fond des choses concernant les péripéties vécues depuis l’entame de sa carrière. Il a rendu hommage à l’Algérie et à tous ceux qui l’ont aidé. En effet, après la seule médaille remportée par l’Algérie au rendez-vous parisien, Saïd Guerni a connu quelques déceptions dans les meetings qui l’ont poussé à faire moins de réunions internationales. A ce rythme, Saïd Guerni a pris la 7e place aux J.O. d’Athènes, avant de renoncer un an plus tard aux Championnats du monde d’Helsinki 2005. Avec cette baisse de régime, Saïd Guerni songeait déjà à préparer une sortie honorable. Une sortie digne d’un grand champion. C.B.

Avis autorisés

Guidoum Yahia : «Les départs sont ainsi faits. Comme tous les retraités, cela signifie la mise au placard. Je représente un gouvernement qui rend hommage aux efforts des sportifs et pour les excellents résultats offerts à l’Algérie. Saïd Gueni peut partir tranquille grâce au statut d’athlète d’élite de haut niveau qui vient d’être soumis à l’assemblée. Cette loi protègera socialement toutes élites nationales confondues.»

Berraf Mustapha : «Un grand champion s’en va avec la conviction d’avoir donné de grandes satisfactions à son pays, l’Algérie. C’est une décision difficile à accepter tant par le mouvement sportif algérien que par le Comité olympique algérien. Connaissant son sérieux et son abnégation, nous avons placé en lui d’énormes espoirs. Il nous manquera beaucoup à l’occasion des Jeux africains d’Alger. J’ai longtemps tenté de le dissuader pour ne pas mettre aussitôt un terme à sa carrière. Le champion du monde du 800 m va venir certainement renforcer l’encadrement des jeunes espoirs algériens. Je n’oublierai pas son père et entraîneur Zine El-Abiddine qui a de quoi être fier. Son père a rempli son rôle d’éducateur au sens propre du terme et d’entraîneur de haut niveau. Nous sommes fiers de lui. Nous demeurons toujours à leurs côtés et derrière tous ceux qui ont honoré notre cher pays.»

Mohamed Djouad : «On est surpris et étonné par la décision de Saïd Guerni. A présent, il faut respecter le choix de notre star qui a été exemplaire. Les portes de son club, le MCA, lui seront toujours ouvertes. On gardera de lui une bonne image pour cet athlète.»

Hassiba Boulmerka : «C’est dommage que Saïd Guerni mette fin à sa carrière. J’ai moi-même pris ma retraite à trois mois des J.O. de Sydney et, par conséquent, je comprends parfaitement sa décision. Malgré son âge relativement jeune, il a choisi de mettre un trait à un parcours brillant et qui aurait pu être meilleur.»
Propos recueillis par C.B.

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