Actualités : LE VOTE DES FRANÇAIS D'ALGERIE
Faible participation au 2e tour


Un faible taux de participation au deuxième tour de l’élection présidentielle française a été enregistré hier, au consulat général, à Alger avec, approximativement, 21,% de participation. Contrairement au 22 avril passé, où une longue file d’attente attendait l’accès aux bureaux de vote, le passage aux urnes, hier, pour les ressortissants français en Algérie s’est déroulé sans bousculade et sans attente.
Si dans la matinée, le nombre de votants était très minime, des petits groupes arrivaient toutefois dans l’après-midi, ne formant aucune file, à l’extérieur de la chancellerie. Si d’un côté, les votants sont soulagés d’accomplir leur devoir en très peu de temps, une inquiétude s’est emparée toutefois d’eux, n’expliquant pas cette absence d’électeurs. «Je suis surpris. L’abstention risque d’avoir des conséquences négatives sur les résultats de cette élection», s’est exprimé un cadre d’une entreprise française, installé depuis une année à Alger. Notre interlocuteur a gardé secrète son intention de vote, mais il n’a pas hésité de nous révéler dès sa sortie du bureau de vote : «J’ai confirmé mon vote du premier tour. Ségolène bien sûr.» «Moi j’avais voté Besancenot au premier tour et aujourd’hui j’ai opté pour Mme Royal. Ce n’est pas une conviction mais un vote d’opposition contre Sarkozy», a enchaîné son collègue, qui vit depuis six ans en Algérie. Ce n’est pas l’avis de la jeune fille de 21 ans qui est revenue au consulat pour confirmer son choix. «Je veux un changement, pour nous, pour la France et pour nos deux pays.» Cette étudiante, à la fleur de l’âge, a du mal à supporter la haine et le manque de respect affichés par le candidat de la droite française envers les enfants de l’immigration. «Ce que dont nous avons besoin, c’est d’un président qui ne méprise pas son peuple, qui ne dit pas des mots qui blessent. Un président qui respecte l’être humain, quels que soient son origine et son statut», nous a révélé une sexagénaire, venue spécialement de Bouira, en compagnie de ses petits-enfants, pour accomplir son devoir électoral. Le changement ! Ils sont nombreux les Français d’Algérie à demander cela. Mais de quel changement précisément s’agitil ? «Nous réclamons de la considération pour les binationaux. Et aussi des visas pour leurs conjoints. Ce n’est pas normal que nous luttions sans cesse pour de la paperasse, afin d’accéder à nos droits», s’est insurgée une vieille dame qui ne cache pas avoir voté pour la candidate socialiste. Ainsi, pour les ressortissants français à Alger, les relations algérofrançaises, restent au cœur de cette élection. Connues pour être tendues ces derniers mois, les relations entre Alger et Paris se sont compliquées ces derniers jours, après la lettre envoyée par le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, au président du Comité de liaison des associations nationales des rapatriés (pieds-noirs d’Algérie), dans laquelle il a affirmé qu’«il n’était pas question du traité d’amitié, promettant monts et merveilles aux rapatriés d’Algérie» et allant jusqu’à exprimer sa volonté de «réhabiliter l’organisation OAS». Cette dernière affirmation a été accueillie avec beaucoup de colère et d’indignation par l’Algérie, qui s’est exprimée par le biais de son chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem. Dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde, M. Belkhadem a dénoncé les propos de Sarkozy. Ce sont là les questions pour lesquelles des réponses concrètes sont attendues du futur président français et qui soulageront à plus d’un titre les ressortissants français en Algérie et les Algériens en France. Car des deux côtés, il serait inacceptable de continuer à traiter avec légèreté le sort de deux peuples unis, bon gré, mal gré, par l’histoire.
Rosa Mansouri



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