
Régions Ouest : CODE DES MARCHES Les entrepreneurs crient à l’injustice
Les grandes entreprises publiques ne cessent de dénoncer le code des marchés publics et les dérives de son application. Pour en savoir plus, nous avons sollicité l’avis de quelques entrepreneurs, qui se disent marginalisés par rapport aux entreprises étrangères. Le respect de la concurrence est le préalable à toute passation de
marchés publics. En Algérie, le code des marchés publics et la loi sur
la concurrence sont les principaux textes auxquels obéissent les appels
d’offres. L’Etat reste le principal investisseur, tous les secteurs de
base sont concernés par ces opérations d’investissement public
(bâtiment, travaux publics, hydraulique, équipements de toutes
sortes...) plus de 14 milliards de dollars ont été consacrés au
financement de ces opérations entre 2000 et 2003. Pour la période
2005-2009, 50 milliards de dollars sont prévus pour le financement des
marchés publics de l’Etat. Le programme de soutien à la relance
économique lancé en 2000 a permis le développement d’un grand nombre de
PMEPMI avec la création de nombreux plans de charges et a facilité
l’accès à la demande publique à ces entreprises. Cependant, l’exécution
de différents programmes a montré certaines lacunes au niveau du code
des marchés publics.
La nécessité de supprimer les cautions
Plusieurs contraintes sont apparues dans la passation et l’exécution des
marchés publics pour les entreprises, parmi celles-là le cas des
cautions de soumission. Elles sont bloquées au niveau de
l’administration pour des périodes dépassant les 60 jours et pénalisent
financièrement les entreprises, surtout si ces dernières participent à
plusieurs appels d’offres dans différentes wilayas pour le même secteur
par exemple. Ce problème bloque les PME/PMI algériennes au détriment
d’autres entreprises de grande taille, souvent étrangères, lorsque
l’appel d’offres est aussi international. L’étude des pièces fiscales,
parafiscales, bilans et appréciation de la banque pour l’entreprise peut
suffire afin de garantir à l’administration la bonne foi de
l’entreprise. Cependant, la caution de soumission peut être exigée dans
le cas seulement d’appel d’offres d’un projet dépassant le cadre de la
commission de la wilaya et passible de l’avis de la commission nationale
des marchés.
Cautionnement
Le recours à la banque dans des cas de ces cautions est difficile
d’accès et très onéreux. Le rôle de la Caisse de garantie des marchés
publics est justement de faire face au préfinancement des marchés
publics à des conditions plus avantageuses que les banques commerciales.
La réalité est tout autre, la Caisse de garantie des marchés publics ne
joue aucun rôle dans ce domaine et exige pour ces opérations les
conditions les plus draconiennes que les banques commerciales.
L’offre internationale
L’appel d’offres international est à titre exceptionnel, le cas de la
réalisation d’un projet d’envergure national ou la fourniture d’un
équipement que les entreprises sont incapables de réaliser.
Actuellement, plus de 40% des appels d’offres : fourniture
d’équipements, prestations de services ou réalisations sont des appels
d’offres nationaux et internationaux. Lorsqu’il s’agit de la fourniture
d’équipements, l’administration publique de n’importe quel secteur
(éducation, enseignement supérieur, formation professionnelle, santé...)
ne peut suivre avec les moyens dont elle dispose les procédures
bancaires d’ouverture de lettre de crédit, ni faire face aux
différentiels de change. Le fournisseur étranger exige, lui, le paiement
du service fait au comptant, c’est-à-dire avant l’envoi des équipements.
Cette opération se fait lors de l’ouverture de la lettre de crédit à la
banque, cette ouverture ne se fait que lorsque le client, c’est-à-dire
l’administration ou l’entreprise publique, verse l’argent nécessaire à
la banque. Une fois, cette opération exécutée, les fournitures seront
expédiées. Le procès-verbal de réception se fera après le paiement des
équipements. Généralement, il s’agit de machines ou d’équipements qu’il
faut monter, mettre en marche et entretenir ; le client, qui est
l’administration ou l’entreprise publique, ne dispose d’aucune garantie
si ce n’est la caution de bonne exécution représentant 5% du montant de
la facture, qu’en cas de non-fonctionnement de la machine, est
abandonnée purement et simplement par le fournisseur étranger, car déjà
majorée dans le prix. Toute cette procédure de paiement et ces
formalités, PV de réception a posteriori, sont contraintes au principal
du code des marchés. Différents problèmes surgissent à cause de cette
pratique. Aucune garantie n’est offerte au client avec cette formule de
l’appel d’offres international. Avec l’adhésion de l’Algérie à l’OMC,
certes, il faut l’ouverture aux entreprises étrangères, mais à ce
niveau-là, les banques réformées peuvent jouer leur rôle et défendre les
intérêts de leurs clients algériens. Cette situation paradoxale ne peut
s’expliquer que par l’incompréhension et la méconnaissance par les
banques algériennes du fonctionnement des institutions bancaires en
économie de marché. L’entreprise nationale signataire d’un marché public
pour la fourniture d’un équipement avec l’administration n’est payée
qu’après service fait et l’établissement d’un procès-verbal de réception
avec aucune réserve au préalable, le Trésor public exige ce document
pour procéder au paiement. Toutes les garanties sont du côté de
l’administration dans ce cas. L’entreprise s’occupe de toutes les
procédures bancaires, douanières, transport, mise en marché, service
après-vente... Même quand le produit est importé. Un délai raisonnable
de 30 à 60 jours pour la préparation des offres est donc nécessaire pour
les entreprises algériennes afin de proposer des offres techniques et
financières sérieuses. Le code des marchés est une loi qu’il faut
appliquer strictement et en toute transparence afin d’éviter les abus et
le gaspillage des deniers de l’Etat. Les procédures de l’appel d’offres
doivent être clairement respectées (publication, journal national dans
les deux langues, édition nationale, BOMOP...), la date limite de remise
des offres doit être indiquée (heure et jour du mois) afin d’éviter les
amalgames et les problèmes. L’administration (le maître de l’ouvrage) en
cas de recours ne doit pas être juge et partie, la présence du plaignant
est souhaitée à la commission de recours, un amendement à ce niveau du
code des marchés est nécessaire.
Faïza B.
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