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Que retiendra-t-on de la visite de Abdekka à
Annaba ?"
Qu’il en est revenu !
Enfin un moment de vérité vraie, de logique pure à moins de 24 heures des
élections législatives. Enfin un moment de sincérité qui fait chaud au cœur. De
ces instants qui vous réconcilient avec le genre humain, avec la morale, avec la
probité, avec l’adéquation entre les idées et les actes. C’est tellement rare !
Nous en avons été privés à un point tel que nous commencions même à douter de la
présence de Dame Vérité sur la terre d’Algérie. A voir et à entendre les
différents candidats nous raconter tout et n’importe quoi durant la campagne, à
entendre et à voir les cadres chargés d’organiser les législatives nous assurer,
la main sur le cœur (à droite sur leur poitrine à eux) que l’engouement des
Algériennes et des Algériens pour ce vote était phénoménal, nous commencions à
désespérer de la vérité et de la sincérité. Heureusement qu’un événement de
dernière minute vient enfin de nous réconcilier avec la parole vraie. Un
Algérien à l’honorabilité reconnue par la plus haute autorité du pays vient de
nous donner la preuve que l’on peut parler vrai chez nous. Dans un communiqué
transmis aux rédactions du pays, Madani Mezrag, le valeureux combattant, a
appelé les électeurs à voter massivement pour le FLN. Lumineux ! Translucide !
Logique jusqu’à la pointe de la barbe teinte au henné. La boucle est ainsi
bouclée, plus de quinze ans après la seconde guerre d’Algérie : le chef de l’AIS
exhorte les citoyens à faire gagner le FLN de Belkhadem. Même un mathématicien
chevronné n’aurait pas réussi à tracer une parabole aussi parfaite. D’ailleurs,
ce n’est plus de la parabole, ce n’est plus de l’hyperbole, ce n’est plus un
champ d’arabesques tracées par un physicien fou sur les murs de sa cellule, ce
n’est même plus un avatar de la théorie du rasoir d’Occam. Non ! C’est la vérité
enfin dite publiquement aux Algériens à la veille d’un scrutin législatif. Un
instant magique de convergence, de retrouvailles et de jonction naturelle entre
les coupeurs de têtes et les coupeurs d’avenir et d’espoir. Un moment de
recomposition familiale ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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