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«Algérie. Jeudi 17 mai. Immense ferveur populaire.
Engouement sans précédent des foules. Liesse populaire
extraordinaire.»
Après la victoire de l’Entente de Sétif
Deux tiers des Algériens inscrits se sont abstenus. 2/3 des Algériens ont
boudé les bureaux de vote. 2/3 des votants ont décidé de leur plein gré de
laisser le régime seul face à ses urnes. 2/3 des Algériens ont pris la décision
de transmettre un message clair et limpide aux autorités autistes : «Non ! Pas
question d’y aller. Cette fois-ci, ça sera sans nous !» Face à ce moment
historique — ne riez pas, car il s’agit bien d’un acte de rébellion citoyenne et
pacifique — il n’y a pas 36 000 attitudes à adopter. On peut, comme l’a fait le
ministre de l’Intérieur et les autres membres du cabinet au pouvoir, lancer en
l’air des sentences aussi intelligentes que celles que je vais tenter de vous
énumérer de mémoire : «Les Algériens ont préféré aller à la plage.» «C’est
connu, les personnes âgées votent le matin tôt afin d’éviter les grosses
chaleurs. Ensuite, en fin d’après-midi, les jeunes vont affluer.» «C’est une
habitude électorale en Algérie, les femmes restent à la maison la matinée pour
préparer le repas et faire le ménage, ensuite, une fois le berkoukess cuit,
elles iront accomplir leur devoir». «En valeur relative, en fonction du contexte
particulièrement particulier, en vertu du cadre spécifiquement spécifique à ce
scrutin, cette législative s’est déroulée dans d’excellentes conditions et ses
résultats sont satisfaisants. » Ou encore «s’il y a fraude, ça sera la faute des
partis politiques qui ont déserté les bureaux de vote». Deuxième attitude
possible : le régime de bananes qui nous «non-gouverne» comprend le message
transmis par les 2/3 des Algériens et en tire la seule conclusion valable dans
de pareilles circonstances : IL SE CASSE ! Il dépose sur son bureau une feuille
21/27 dans laquelle il s’excuse de n’être même pas capable d’organiser des
élections législatives. Il reconnaît sa faillite. Il s’en va, lui, ses urnes
diaboliques et sa cour des miracles électoraux qui ne fonctionnent même plus.
Voilà les deux attitudes possibles. Bien évidemment, je ne me fais aucune
illusion sur l’option retenue. Ça sera celle de la plage et du berkoukess. Et
c’est pour cela que nous continuerons, nous, à fumer du thé pour rester éveillés
à ce cauchemar.
H. L.
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