|
Heureusement que le traité d’amitié avec la France n’a
pas été signé. Vous imaginez s’il avait été paraphé ?
Par amitié, nous aurions été obligés de garder…
…Cavalli !
Ainsi donc, Abdelaziz I vient d’ordonner à Abdelaziz II de présenter son
programme sous le nez de Abdelaziz III. Et dans ce programme, que lit-on ? On
peut y lire, entre autres, et comme déjà souligné hier dans Le Soir d’Algérie
que «le gouvernement entend renforcer sa vigilance pour s’opposer à toutes les
velléités visant à contrecarrer la politique de réconciliation nationale, d’où
qu’elles viennent». D’où qu’elles viennent ? Est-ce à dire que si je refuse de
baisser les yeux devant un tango repenti qui me fusille du regard dans la rue,
je suis coupable aux yeux des 3 Abdelaziz ? Est-ce à dire que si un jour, un
émir ennobli par Abdelaziz I se présente au siège du journal, demande à serrer
la main aux membres de la rédaction et que je refuse de la lui serrer en vertu
du nombre de photos des camarades assassinés par les terros qui ornent les murs
du Soir, je m’exposerai alors aux foudres des 3 Abdelaziz ? Est-ce à dire que si
un ancien chef tango est réintégré à son poste d’enseignant dans l’école où mes
enfants vont et que j’initie une pétition contre cette réintégration, je risque
de goûter aux douceurs du régime judiciaire et carcéral ? Est-ce à dire que si
j’écris demain, après adoption du programme de Abdelaziz I, qu’un bon émir est
un émir mort, qu’il n’y a pas pire vermine sur terre que les terroristes
repentis ou non repentis, qu’un cimetière où l’on enterrerait un ancien boucher,
violeur de femmes et enfourneur de bébés est un cimetière souillé et profané, je
serai passible de lourdes peines imaginées par Abdelaziz I, lues par Abdelaziz
II et adoptées par Abdelaziz III ? Eh bien, aux trois Abdelaziz, je le dis et
l’écris tout haut : j’enfreindrai toutes les «lois» qui auraient la prétention
de m’interdire de dire ce que j’ai à dire sur les tangos et leurs affidés.
Jusqu’à mon dernier souffle. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L
|