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“Stade du 5-Juillet. Finale de la coupe d’Algérie. Un cas de dopage avéré.”
On n’en sait pas plus pour le moment
Ça y est ! Le top départ a été donné à partir de Sétif. Sur leurs mobiles,
ils ont tous reçu le même SMS. Ils savent maintenant que la «Poésie Academy 3»
vient d’être officiellement lancée. Et nous allons enfin revoir leurs bobines à
nulles autres pareilles. Les mauvais troubadours. Les trabendistes du vers et du
couplet. Les marchands à la sauvette du superlatif. Les camelots du «medh». Les
bonimenteurs de la brosse à reluire. Les Taïwanais de l’alexandrin. Les
contrefacteurs de la rime. Les commerçants du soutien versifié et enduit de
plusieurs couches de pommade fleurant atrocement la guimauve. Ils n’attendaient
que cela nos artistes ! Que le signal leur soit donné, que la lumière d’alerte
s’allume, que la ruée vers l’encensement leur soit signifiée de derrière le
rideau. Maintenant, les bolides sont lancés. Ils vont nous ressortir les mêmes
costumes naphtalisés. Ils vont faire razzia de gel fixateur chez leur épicier.
Ils vont reprendre le rituel de la cuillère de miel avalée au réveil pour
entretenir la voix. Ils vont refaire copain-copain avec leur glace pour s’y
entraîner à déclamer leurs «œuvres». Ils trembleront de tout leur corps
lorsqu’on les plantera devant l’objet de leur convoitise, le mobile de leur
poésie télécommandée. Ils sueront du paletot. Ils mouilleront leurs chemises et,
parfois, plus encore. Ils prieront secrètement pour ne pas buter sur la phrase
sésame de leur texte : «Pour un 3e mandat, pour un mandat éternel !». C’est
maintenant, surtout pas avant, maintenant plus que jamais que la manifestation
«Algérie, carrefour de la culture arabe» a vraiment débuté ! Des trains entiers
d’adjectifs mirobolants. Des convois pleins de lauriers tressés maladroitement.
Des cohortes de clichés envoyés en Scud désordonnés à la face de l’Elu. Des
charretées de roses, de ces roses d’un rouge hideux dont on ne fait même plus
les cartes de vœux mal imprimées. Nous t’aimions, nous t’aimons et nous
t’aimerons toujours. Soyez prêts mesdames et messieurs. Une écuelle devant la
bouche, au cas où, du coton pour les oreilles, du Paracétamol pour les migraines
et une bonne dose de thé à fumer pour rester éveillé à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
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