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«Dans la même journée, celle du 5 juillet, le wali
de Tizi-Ouzou et la Constitution algérienne échappaient
à un attentat.»
Que Dieu leur prête longue vie à tous les deux !
S’il ne s’était pas agi de vies humaines, de détresse profonde, de familles
déchirées et meurtries à jamais, j’en aurais presque ri. Mais là, franchement,
je ne ris pas ! Comment peut-on aujourd’hui, tranquillement, sur un ton
monocorde, de manière presque inaudible, comme au passage, sans avoir l’air d’y
toucher, dans un battement de cils, en quasi-catimini venir ordonner
solennellement, donner instruction ferme et plus que ferme à l’armée d’éradiquer
le terrorisme, alors qu’il y a quelques mois — que dis-je ? — quelques semaines
— que dis-je ? — quelques jours, les tangos étaient adulés, chouchoutés,
dorlotés, pensionnés, retraités et anoblis ? On peut faire des volte-face
lorsqu’on joue au poker, lorsque qu’on joue au monopoly, lorsqu’on joue à «t’chila
!». Mais là, il ne s’agit pas d’un jeu. Il s’agit d’une institution formée de
milliers d’hommes et de femmes habillés par la République, façonnés par la
République, pétris par la République pour la défendre contre ceux qui veulent
l’abattre. On ne peut pas dire à ce corps spécial de défense républicaine
«attends coco, on peut négocier avec les tangos», revenir deux mois après et lui
dire : «Dans cette guerre, il y a deux belligérants et aucun d’eux ne doit se
sentir humilié», revenir deux ou trois mois après et lui dire : «Ça y est !
C’est la concorde, c’est la réconciliation, c’est la fraternité tous azimuts,
j’ouvre les portes des prisons du pays pour en libérer les barbus !», et revenir
aujourd’hui pour finir par lui dire : «En fait non, faut leur régler leur compte
aux tangos, pas de quartier, un bon tango est un tango mort, sus aux groupes
armés !» La lutte contre le terrorisme n’est pas une histoire de trajectoire
personnelle fluctuante. La lutte contre les barbus est le continuum d’un serment
fait aux martyrs par un peuple et son armée qui n’avaient pas d’autre issue que
de livrer bataille aux tueurs ici, en Algérie. En fait, toute la différence est
là. Entre ceux qui n’avaient pas le choix et ceux qui l’avait. Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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