Mardi 17 juillet 2007
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Culture
Le Soir Multimédia
 
 
Nos archives en HTML
 

Périscoop : BAZOOKA
Le langage des passeurs
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Finalement, des jeunes m’ont signalé que l’internet ne constitue pas le seul espace underground qu’ils se construisent. D’abord, il y a le portable. Il n’a rien changé à leurs réalités affectives mais il a bouleversé leur communication. Ils peuvent se dire les choses en instantané et surtout hors du cadre familial.
Avant, les parents entendaient forcément un peu ce qui se disait au téléphone fixe installé au beau milieu du salon. Maintenant ils peuvent parler à l’aise, au balcon, dans une chambre, dans la cage d’escalier ou dehors. C’est rien, apparemment, un portable mais cela change du tout au tout l’information. Puis quand ils n’ont rien de spécial à se dire, pas d’info précise, ils se bipent. Un coup je te sonne, un coup tu me sonnes et par le jeu des appels manqués on se dit sa tendresse, on se dit à l’autre qu’on pense à lui. Le sms coûte moins cher et comme l’ordinateur, il a l’avantage de l’écriture phonétique : finie la hantise de la grammaire et du vocabulaire, finie la hantise des fautes d’orthographe : Cé komça. Tout langage nouveau, toute communication basée sur de nouveaux outils finit par influencer la vie sociale. Nous ne savons ce qu’elle est en train de modifier car, encore une fois, cet intérêt pour la sociologie en Algérie est freiné des quatre fers pour les raisons évidentes que vous connaissez : les sciences sociales fonctionnent très mal avec l’autoritarisme. Les accepter revient à admettre l’autonomie du social par rapport au politique. Cette idée est dangereuse pour tout pouvoir qui prétend s’exprimer au nom de la société. Et si les études, enquêtes, sondages révélaient que la société dit autre chose que ce que dit le pouvoir en son nom ? Alors, le pouvoir peut dire. Le cyber est là pour les moments de liberté, le portable est là pour passer sous notre nez et en contrebande ce qu’ils veulent se dire en tant que jeunes. Cette jeunesse s’est bien affirmée, aussi, par le cabas et le trabendo, non ? Fermez les espaces, il y aura toujours des passeurs !
M. B.

Nombre de lectures : 329

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site