Mardi 17 juillet 2007
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Actualités : LE MARCHE CONNAIT UN VERITABLE BOOM
Les climatiseurs ont le vent en poupe


On dit qu’ils favorisent les allergies, on sait qu’ils accroissent la facture énergétique mais les climatiseurs ont la cote. Impossible d’y résister en cette canicule. Les fabricants le savent bien et rivalisent d’ingéniosité pour appâter le consommateur qui ne rêve que de fraîcheur. Résultat, de plus en plus d’Algériens succombent à la tentation de s’équiper et font la sourde oreille à Sonelgaz qui retient son souffle chaque été.
Il faut dire que pour un budget variant entre 18 000 et 20 000 DA, il est désormais possible de goûter au luxe de la climatisation qui se «démocratise» et fait une intrusion dans les cités populaires et même les bidonvilles. L’arrivée sur le marché algérien de marques inconnues, venues essentiellement des pays asiatiques, a fait chuter les prix. Peu regardant sur la notoriété des entreprises qui commercialisent, les Algériens se sont rués sur des climatiseurs bas de gamme. C’est notamment le cas de Mohamed, rencontré dans un magasin d’électroménager sis à Hassiba- Ben-Bouali qui, sur un ton miironique mi-abusé, explique qu’il est peu regardant sur la qualité du produit puisque, dit-il, «la fraîcheur, est la même, non ?». Oui, à une différence près, c’est que lorsqu’on fait l’acquisition d’un climatiseur appartenant à une marque pas encore installée, le risque est grand car le service après-vente n’est pas garanti. En d’autres termes, si un problème surgit, il faut se débrouiller pour trouver la personne en mesure de le réparer. Ses arguments laissent de marbre Mohamed qui, trop content d’avoir pu négocier son climatiseur à 15 000 DA, pense que s’il tient une saison, «c’est tout bénéf». Tout le monde ne partage pas cet avis et beaucoup préfèrent parler d’«investissement ». En dépit de la baisse considérable des prix, l’achat d’un climatiseur reste une décision «sérieuse». Pas facile cependant de se retrouver face à la multitude des offres proposées. Quand on est profane, il est difficile de savoir lequel des climatiseurs peut convenir ni combien de BTU il faut pour s’assurer une meilleure climatisation.
Le BTU, une mesure en vogue
Il suffit de faire le tour des magasins pour s’en convaincre. Les prix démarrent en général entre 18 000 et 20 000 DA mais il existe tant de modèles que, si on n’est pas connaisseur, le risque de se faire arnaquer est réel. Petit tour d’horizon de ce qui existe sur le marché. Côté production national, Eniem propose un 9 000 BTU à 33 000 DA avec deux ans de garantie. Grunes, une marque allemande qui fait du montage en Slovénie, propose des Split System à 12 000 DA avec une garantie de 5 ans. Le moins averti des acheteurs peut se demander pourquoi il existe seulement 1 500 DA d’écart entre un produit local très basique et moins performant et un produit très tendance, au design futuriste et de surcroît garanti 5 ans. Nullement étonné par notre question, le vendeur explique une énième fois que la différence est due au fait que la main-d’œuvre algérienne reste sensiblement moins bon marché que celle slovène et que cela se répercute inévitablement sur les prix. Une thèse vérifiable puisque du côté de Samsung on peut acquérir un climatiseur à partir de 31 000 ou plutôt 37 000 DA. En effet, la charmante hôtesse se charge de vous rappeler que le prix affiché est en hors taxe et qu’il faut y ajouter les 6 000 DA de TVA. Pour atténuer les effets de l’annonce, la demoiselle vous apprend qu’il est donc préférable d’opter pour le kit proposé à 37 000 DA et qui comprend, en plus du climatiseur 9 000 BTU, un démodulateur analogique et une parabole. C’est chez Panasonic que les prix sont les plus élevés, il faut compter un investissement minimum de 31 000 DA pour s’offrir le bon vieux monobloc.
La facilité de paiement, l’autre facteur «aggravant»

Pour convaincre les plus réticents, les revendeurs ont trouvé la parade en proposant la vente par crédit. Une formule qui a beaucoup séduit au début mais qui semble perdre de son aura. Les écarts de prix qui peuvent allégrement dépasser les 10 000 DA ont fini par dissuader plus d’un. C’est ce qu’explique Saléha, fonctionnaire à la recherche de plus de confort chez elle. «J’ai fait le tour d’Alger. J’ai vu les représentants officiels des marques, les revendeurs et El Hamiz, je suis convaincue qu’il vaut mieux faire un sacrifice en achetant un bon climatiseur cash plutôt que de le faire à crédit. Les magasins qui font de la facilité de paiement profitent du manque de moyens des gens et gonflent les prix sous prétexte de faire payer les articles beaucoup plus cher», explique-t-elle. Mais comment est-elle arrivée à faire son choix ? Elle confie qu’elle est une véritable profane en la matière et que le jargon utilisé par les vendeurs lui est totalement étrange. Elle est finalement tombée sur un vendeur qui lui a expliqué qu’en matière de climatiseurs, il existait le monobloc, le split et le mobile. Facile de reconnaître le premier, c’est le bon vieux climatiseur en forme de cube qui a trôné longtemps dans les administrations, le second a un design plus moderne, tandis que le dernier offre la possibilité de le déplacer. Qu’en est-il des BTU ? Il s’agit en fait d’une unité d'énergie anglo-saxonne utilisée pour décrire la quantité de chaleur pouvant être dégagée par une unité chauffante ou réfrigérante. Le nombre de BTU est défini en fonction de la surface de la maison. Mais pour une utilisation optimale, il faut également choisir le bon emplacement et pour cela il faut trouver le bon installateur. Si certains vendeurs assurent l’installation, d’autres vous laissent livrés à vous-même. Ces mêmes vendeurs sont incapables de répondre à des questions très basiques que se pose le commun des mortels. «Est-ce que le climatiseur rend malade ?» Surpris, le vendeur se lance dans une explication fantaisiste, il relit sans trop comprendre un prospectus selon lequel le modèle en question filtre les bactéries, humidifie l’air mais ne répond pas directement. Les spécialistes de la climatisation sont pourtant catégoriques : la climatisation en elle-même n'est pas responsable d'effets néfastes sur la santé, c'est le manque d’entretien qui en est à l'origine. Légionellose, les champignons, les allergies ont souvent été associés à tort à la climatisation. Pour s’en prémunir, il faut s’assurer de l’entretien régulier des conduits de passage de l'air par un professionnel. L’autre crainte soulevée est liée au risque du choc thermique. Pour cela, il suffit de respecter cette précaution : l'écart entre la température ambiante de la pièce et la température extérieure ne doit jamais excéder 8°. Avis aux amateurs des pièces réfrigérées…
N. I.

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