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«En Algérie, l’entrée aux plages n’est plus payante. Par
contre, la sortie, si !»
Le dermatologue, le gastroentérologue,
l’épidémiologiste…
Dans la même Une du Soir d’Algérie hier, lundi. D’un côté, «Constantine
privée d’eau» suite à la mise à l’arrêt du barrage de Hammam-Grouz. De l’autre,
l’état d’avancement du projet de «carte d’identité électronique». De prime
abord, on peut penser qu’il s’agit de l’actualité distincte de deux pays. L’un
qui n’arrive pas à étancher la soif de sa population. L’autre qui, en plein
essor, en pleine volonté de coller aux outils de gouvernance moderne, se prépare
à doter ses citoyens repus d’un rab, celui de la carte d’identité électronique.
Pourtant, après lecture, il s’agit bien d’un même pays, l’Algérie. Incapable
d’assurer l’alimentation en eau potable, et surtout en continu de plusieurs
millions de ses habitants et qui se tâte pour savoir quelle couleur, quelle
forme et quel design aura la future carte d’identité intelligente. En fait, on
est exactement dans la même mécanique bizarre qui a prévalu au lancement du
projet de la carte à puce pour les assurés sociaux. Les mères de famille, les
pères de famille entrent la peur au ventre dans les pharmacies, craignant de ne
pouvoir prendre la totalité des médicaments prescrits dans l’ordonnance, et en
face, sur un ton jubilatoire, on leur brandit un spécimen de ce que sera leur
future carte d’assuré, un beau morceau de carton plastifié et bourré de
technologie. Ce genre d’absurdité peut être multiplié à l’envi. Des milliards
engloutis dans une manifestation sportive dont même Eurosport, habituellement
preneuse de quelques minutes sur ce sujet des compétitions africaines ne pipe
mot cette année. Et face à cette débauche d’argent, le casse-tête d’une
mercuriale en folie, d’une pomme de terre qui ravage les petits porte-monnaie,
plus sûrement qu’un attentat kamikaze. Ou encore cette manifestation «Alger,
capitale de la culture arabe», bouffeuse elle aussi de milliards de dinars, et
dont les plus fins limiers n’arrivent pas vraiment à trouver trace dans notre
quotidien. Il y a un terme médical, scientifique pour désigner ce genre de
situations : schizophrénie ! Plus ça merde, plus ça va mal, plus nous nous
enfonçons dans l’absence officielle de réponses à la malvie ambiante, plus les
méga-manifestations, les festivals de prestige bidon, les gadgets électro-machin
chose foisonnent et prolifèrent. Dans un jeu de paravents, de cache-misère.
Peut-on refaire démarrer le barrage de Hammam-Grouz sur simple présentation
d’une carte d’identité électronique ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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