Mardi 17 juillet 2007
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CACHE-MISERE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«En Algérie, l’entrée aux plages n’est plus payante. Par contre, la sortie, si !»

Le dermatologue, le gastroentérologue,
l’épidémiologiste…

Dans la même Une du Soir d’Algérie hier, lundi. D’un côté, «Constantine privée d’eau» suite à la mise à l’arrêt du barrage de Hammam-Grouz. De l’autre, l’état d’avancement du projet de «carte d’identité électronique». De prime abord, on peut penser qu’il s’agit de l’actualité distincte de deux pays. L’un qui n’arrive pas à étancher la soif de sa population. L’autre qui, en plein essor, en pleine volonté de coller aux outils de gouvernance moderne, se prépare à doter ses citoyens repus d’un rab, celui de la carte d’identité électronique. Pourtant, après lecture, il s’agit bien d’un même pays, l’Algérie. Incapable d’assurer l’alimentation en eau potable, et surtout en continu de plusieurs millions de ses habitants et qui se tâte pour savoir quelle couleur, quelle forme et quel design aura la future carte d’identité intelligente. En fait, on est exactement dans la même mécanique bizarre qui a prévalu au lancement du projet de la carte à puce pour les assurés sociaux. Les mères de famille, les pères de famille entrent la peur au ventre dans les pharmacies, craignant de ne pouvoir prendre la totalité des médicaments prescrits dans l’ordonnance, et en face, sur un ton jubilatoire, on leur brandit un spécimen de ce que sera leur future carte d’assuré, un beau morceau de carton plastifié et bourré de technologie. Ce genre d’absurdité peut être multiplié à l’envi. Des milliards engloutis dans une manifestation sportive dont même Eurosport, habituellement preneuse de quelques minutes sur ce sujet des compétitions africaines ne pipe mot cette année. Et face à cette débauche d’argent, le casse-tête d’une mercuriale en folie, d’une pomme de terre qui ravage les petits porte-monnaie, plus sûrement qu’un attentat kamikaze. Ou encore cette manifestation «Alger, capitale de la culture arabe», bouffeuse elle aussi de milliards de dinars, et dont les plus fins limiers n’arrivent pas vraiment à trouver trace dans notre quotidien. Il y a un terme médical, scientifique pour désigner ce genre de situations : schizophrénie ! Plus ça merde, plus ça va mal, plus nous nous enfonçons dans l’absence officielle de réponses à la malvie ambiante, plus les méga-manifestations, les festivals de prestige bidon, les gadgets électro-machin chose foisonnent et prolifèrent. Dans un jeu de paravents, de cache-misère. Peut-on refaire démarrer le barrage de Hammam-Grouz sur simple présentation d’une carte d’identité électronique ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 2709

  Éxclusif : HADJERES AU “SOIR D’ALGERIE”

«Réhabiliter ensemble la fonction noble du politique, la construction de solutions de paix et de mieux-être, acceptables et vivables pour la majorité»

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